mardi 15 septembre 2015

Marc 10:17-30 Jésus et l'homme riche dimanhe 11 octobre 2015



17 Comme il se mettait en chemin, un homme accourut et se mit à genoux devant lui pour lui demander : Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? 18 Jésus lui dit : Pourquoi me dis-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul. 19Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d'adultère ; ne commets pas de vol ; ne fais pas de faux témoignage ; ne fais de tort à personne ; honore ton père et ta mère. 20 Il lui répondit : Maître, j'ai observé tout cela depuis mon plus jeune âge. 21 Jésus le regarda et l'aima ; il lui dit : Il te manque une seule chose : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi. 22 Mais lui s'assombrit à cette parole et s'en alla tout triste, car il avait beaucoup de biens.

23 Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : Qu'il est difficile à ceux qui ont des biens d'entrer dans le royaume de Dieu !
24 Les disciples étaient effrayés par ses paroles. Mais Jésus reprit : Mes enfants, qu'il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu ! 25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. 26 Les disciples, plus ébahis encore, se disaient les uns aux autres : Alors, qui peut être sauvé ? 27 Jésus les regarda et dit : C'est impossible pour les humains, mais non pas pour Dieu, car tout est possible pour Dieu.

28 Pierre se mit à lui dire : Nous, nous avons tout quitté pour te suivre. 29 Jésus répondit : Amen, je vous le dis, il n'est personne qui ait quitté, à cause de moi et de la bonne nouvelle, maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou terres, 30 et qui ne reçoive au centuple, dans le temps présent, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres — avec des persécutions — et, dans le monde qui vient, la vie éternelle.

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Qui peut être sauvé ? C’est  la question que posent les amis de Jésus à la suite  du récit qui nous est fait et qui nous compte l’aventure d’un grand benêt  qui semble défier Jésus  en lui posant des questions dont  il croit avoir lui-même les bonnes réponses.  C’est toujours courir un grand risque  que de chercher à se faire valoir auprès de Jésus, car Jésus n’a pas les bonnes réponses pour nous. C’est lui  qui par un dialogue ouvert  nous met sur la bonne voie et nous permet de découvrir les bonnes réponses, au risque de vous décevoir. L’homme se  croyait dans la vérité  et découvre qu’il n’y était pas,  il se comportait comme s’il se croyait sauvé, mais son attitude démontre qu’il n’en savait rien. Pour savoir s’il était sauvé, il nous faudra attendre la fin de ce sermon.

Nous resterons cependant très attentifs au fait que ce garçon  nous ressemble, bien que nous nous refusions toute parenté avec lui. Pourtant, comme lui, nous avons plutôt une bonne opinion de nous-mêmes car nous appartenons à la bonne société de notre temps, sans  quoi, nous ne serions pas là en ce moment à écouter  un sermon, et nous pensons faire partie, si non des chrétiens sauvés, du moins des chrétiens acceptables. Comme lui cependant nous  cherchons  à nous poser les bonnes questions, car comme lui nous sommes en recherche. Nous sommes prêts à remettre en cause nos certitudes, pourvu qu’on ne nous en demande pas trop, car nous nous aurions du mal à remettre en cause les avantages  que nous  donne cette société  bien que nous critiquerions volontiers les injustices et les imperfections qu’elle renferme.  .

Tout cela maintient en nous un sentiment de culpabilité qui sied bien dans notre société de protestants réformés  sans cesse appelés à l à conversion. Mais tout cela ne répond pas à la question posée par les proches de Jésus, « qui peut-être sauvé ?». Et nous, comme ce jeune homme, le sommes-nous ?  Vraisemblablement, tout comme nous, il pensait l’être, ou plus exactement, il se croyait en bonne voie vers le salut, mais il était habité par le doute, ce qui ne le rendait pas heureux.

Sans cela, il ne serait pas sorti de son quant-à-soi pour aller à la rencontre d’un prédicateur à  la mode pour le  questionner sur ses états d’âme et il n’aurait pas pris ce ton obséquieux pour lui parler. Nous, nous  n’aurions pas fait cela, mais nous aurions été tout comme lui insatisfaits par la réponse de Jésus. Pourtant un élément surprenant et déterminent   figurait sans cette réponse et  rendait possible sa quête de salut.  Curieusement, les autres évangiles l’ont omis en rapportant  ce même événement.

Il est dit que Jésus portant un regard sur lui l’aima. Voila que cet homme, qui n’était aimé que par lui-même se trouve aimé par celui qui le rabroue. Le passage souligne par là, la première carence qu’il y a chez cet interlocuteur de Jésus, c’était le manque d’amour. Comme nous l’avons vu, il ne savait que s’aimer lui-même  et se contempler  dans une attitude de fausse modestie. Bien que riche, il était pauvre en amour, déficient en altruisme, incapable de ne trouver d’autre intérêt que celui de sa modeste personne. Cette déficience le mettait en dehors de toute démarche possible en vue de la vie éternelle dont il se croyait  naturellement héritier mais qui lui était pour l’instant impossible d’acquérir. Mais il ne le savait pas ! Cette découverte provoquera son émoi.

A-t-il senti ce regard de Jésus peser sur lui ? A-t-il perçu que malgré tous ses défauts Jésus avait éliminé d’un seul regard tout ce qui entravait sa route, et que ce seul regard d’amour, s’il était partagé rendait désormais toute nouvelle  ouverture possible.

La réponse aux disciples raisonneurs qui, à la fin de l’histoire, mettait l’avenir en doute en  récusant pour lui et pour beaucoup la possibilité de salut est dans la qualité de ce regard  que Jésus porte sur le riche. Ce même regard, il le porte aussi sur chacun des disciples et sur nous-mêmes. A celui qui s’interroge sur Dieu et sur le salut qu’il peut recevoir de lui, aucune autre réponse ne lui est faite si non celle que porte ce  regard d’amour qui signifie qu’il a de l’importance  aux yeux de  Jésus.  A travers le regard de Jésus c’est celui de Dieu que nous croisons.

La première chose à comprendre,  pour quiconque s’interroge au sujet de sa relation à Dieu, c’est que tout un chacun, quel qu’il soit a une place dans le cœur de Dieu. Cet amour est comme Dieu, il est éternel et peu importe quel sens chacun donne à l’éternité. Si ce n’est peut être pas possible à comprendre cela dans l’immédiat, c’est forcément ce que nous finirons  comprendre un jour.

Cet amour de Dieu pour les hommes a pour conséquence  le  dynamisme qu’il suscite en eux. Va, dit Jésus au jeune homme, vends ce que tu as, donne aux pauvres, suis moi ! Ce regard de Jésus sur lui n’est  donc pas sans conséquence. Il appelle un partage d’amour qui doit se saisir de l’homme et provoquer le dynamisme dont Jésus entrevoit les manifestations dont il fait la liste. Etant aimé par Dieu il ne peut faire désormais que des actes qui le font aimer par les hommes et  qui renvoient de ce fait son amour à Dieu.

Accomplir des actes d’amour provoqués par l’amour de Dieu implique de gros risques. Il s’agit de  renoncer à certaines  choses et de faire un saut dans l’inconnu.  L’histoire ne nous dit pas la suite des événements, mais cela n’a aucun intérêt si non de déclencher en nous le mouvement espéré par Jésus. S’il y a correspondance d’amour entre Jésus et nous, il y aura correspondance d’action.

La réponse maintenant sur la question du  salut devient facile. Quiconque se sent bien avec Dieu ressentira en lui les effets du salut. L’harmonie s’installera entre Dieu et lui. Et rien ne pourra altérer ce sentiment. L’amour que chacun reçoit de Dieu est communicatif  il donne réponse à notre question  car l’amour de est porteur d’éternité
                                                                                                

vendredi 11 septembre 2015

Marc 10:2-16 -l'impossible divorce- dimanche 4 octobre 2015



Marc 10 :2-16 - le divorce  
 dimanche 4 octobre 2015
                              

2 Des pharisiens vinrent lui demander, pour le mettre à l'épreuve, s'il est permis à un mari de répudier sa femme. 3 Il leur répondit : Que vous a commandé Moïse ? 4— Moïse, dirent-ils, a permis d'écrire une attestation de rupture et de répudier. 5 Jésus leur dit : C'est à cause de votre obstination qu'il a écrit pour vous ce commandement. 6 Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme ; 7 c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, 8et les deux seront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 9 Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni !
10 Lorsqu'ils furent à la maison, les disciples, à leur tour, se mirent à l'interroger à ce sujet. 11 Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre commet l'adultère envers la première, 12 et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet l'adultère. 
 13 Des gens lui amenaient des enfants pour qu'il les touche de la main. Mais les disciples les rabrouèrent. 14 Voyant cela, Jésus s'indigna ; il leur dit : Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. 15 Amen, je vous le dis, quiconque n'accueillera pas le royaume de Dieu comme un enfant n'y entrera jamais. 16 Puis il les prit dans ses bras et se mit à les bénir en posant les mains sur eux.
Nous vivons avec en tête,  la vision  d’un monde désenchanté car,  notre perception de l’espèce humaine est souvent négative.  Nous voyons les humains comme des gens qui s’agressent entre eux, plus enclins à se quereller  et à se jalouser qu’à s’entraider. Ceux qui nous dirigent  visent plus à nous prémunir contre les actions hostiles des autres contre nous qu’à  nous stimuler pour aller vers eux en vue de les aider. Le vieil adage selon lequel il faut se préparer à la guerre si on veut vivre en paix relève plus que jamais de la sagesse des peuples et continue à être la règle de conduite de ceux qui désirent diriger les nations.
C’est surtout quand les relations humaines  sont mauvaises qu’elles suscitent notre intérêt et personne n’est vraiment intéressé  quand les choses  vont bien et que tout   se  passe sans heurt.
Ne soyons donc pas étonnés  si, ici la question du mariage est envisagée sous l’angle négatif du divorce. Dans notre monde, les démons ne restent pas inactifs, le démon de midi en particulier est toujours à l’œuvre,  celui de l’ennui et de  l’habitude, comme celui de la jalousie et du  désir d’aller voir ailleurs lui tiennent compagnie, et tous conjuguent leurs efforts pour détruire les foyers.
La longue histoire de l’humanité a estimé que le divorce était la solution la moins douloureuse pour régler les conflits conjugaux trop graves.  Plutôt que de s’accrocher à recoller les morceaux d’une union détruite il vaut mieux tout recommencer.  Connaissant Jésus comme nous croyions le connaître nous sommes surpris par sa réaction plutôt rigide, face aux pharisiens, ses habituels contradicteurs, qui se montraient plus permissifs en la matière.  Ils prêtaient même à Moïse une permissivité que la loi à proprement parler ne reconnaissait pas vraiment : celle de la lettre de divorce. En effet, qui à l’époque de Moïse aurait-il été capable d’écrire une telle lettre ?
Mais dira-t-on, le droit avait évolué depuis Moïse, c’est vrai, mais si c’était le cas, ce n’était plus Moïse qui l’aurait prescrit, mais les juristes qui au cours des siècles auraient assoupli les règles du divorce, là où Moïse lui-même n’avait rien prévu.
Pourquoi alors Jésus durcit-il le ton là où les successeurs de Moïse avaient assoupli la règle ?  Depuis le début de son ministère, on avait cru comprendre que Jésus prenait volontiers des libertés par rapport aux prescriptions de Moïse et qu’il en atténuait généralement la rigueur en préférant la souplesse de l’amour à la rigidité  de la loi. Quand il n’y avait plus d’amour entre deux personnes n’était-il pas  plus charitable de leur rendre leur liberté plutôt que de les contraindre à vivre ensemble une vie commune qui n’avait plus d’intérêt pour eux ?
 On aurait pu penser que la rigidité de Jésus visait à protéger la femme rejetée qui se retrouvant seule dans la nature n’avait d’autre solution que de retourner chez ses parents. Mais ses parents étaient-ils encore de ce monde et pouvaient-ils la recevoir ? Dans le cas contraire,  elle était destinée à la prostitution et on pensait que Jésus aurait voulu la préserver de ce sort peu enviable, mais ici, ce n’était pas le cas. Jésus ne fait aucune allusion à une telle situation. Contrairement à notre attente Jésus défend une solution radicale que l’on a de la peine à expliquer.
 Curieusement cette position  est restée la règle dans beaucoup d’églises qui veulent ainsi marquer leur fidélité à Jésus. En fait cette rigidité qui rend tant de gens malheureux aujourd’hui était-elle vraiment l’expression de la volonté du Seigneur ? Nous allons essayer de suivre sa logique  au risque de trouver l’expression d’une attitude  plus nuancée voire même très différente de celle que le texte laisse entendre
Avez-vous remarqué que Jésus parle de la dureté du cœur, c’est-à-dire du péché pour justifier la nécessité de  l’assouplissement de la loi de Moïse revendiquée par les pharisiens. C’est par là que j’ai commencé ce sermon. J’ai dit que les hommes avaient une fâcheuse manière de voir le monde, car ils le voyaient sous un angle négatif. Ils considéraient que leur révolte contre Dieu était de l’ordre du normal, et que les humains étaient des rebelles à Dieu par nature. 
Il est donc normal pour nous de considérer que les humains aient exclu l’amour des comportements qu’ils ont entre eux. En affaire, par exemple, on ne fait pas de sentiment, et on met ce principe scrupuleusement en pratique.  Jésus quant à lui voit les choses autrement. Il ramène ses interlocuteurs au « commencement », au début de la création, dans un monde encore enchanté ou le péché n’avait pas encore fait son apparition. Ce monde avait été conçu par Dieu pour le bonheur des peuples. Au centre de ce monde, l’homme et la femme devenaient par l’amour qui les unissait un seul corps  et une seule âme.  Quand Jésus parle du Royaume qu’il nous invite à construire c’est cette image qu’il a en tête, et  il essaye de provoquer en nous  le  désir de retrouver cette période idyllique où les mythes  bibliques ont placé l’origine de l’humanité. Il nous entraîne à réfléchir au problème du divorce avec cette vision des choses à l’esprit.
Bien évidemment une telle approche  échappe totalement aux adversaires de Jésus et sans doute aussi à nous-mêmes. Car Dieu a totalement été  écarté du problème. Les adversaires de Jésus  parlent de loi et de règlement et  se demandent comment  appliquer la loi, et surtout comment la contourner. Ce faisant, Ils  espèrent que Dieu cautionnera  leurs arguments. Mais ni Dieu qu’on ne consulte pas vraiment,  ni l’amour qui préside à toutes les manifestations divines n’entrent ici  en ligne de compte. Curieusement, ceux qui sont les gardiens de la Loi et qui prétendent guider les peuples sous le regard de Dieu ont totalement omis Dieu dans leur manière d’aborder les problèmes qui concernent le couple humain quand celui-ci est en état de dysfonctionnement.
Jésus pour sa part réintroduit la présence de Dieu dans le problème. Il rappelle que l’enchantement du monde par la présence de Dieu est toujours d’actualité, mais il dit aussi que la dureté du cœur des hommes, fait continuellement déraper les projets de Dieu qui ne peuvent aboutir que par le pardon et l’amour. Il précise que dans l’intention créatrice de Dieu la rupture entre deux êtres qui s’aiment était  impossible, car l’amour est un ciment qui devrait résister à toute attaque hostile, c’est pourquoi, Jésus affirme qu’il est impossible qu’une rupture  se produise. C’est dans ce contexte idyllique de la création qu’il  place  son argumentation face à ses opposants. 
Mais l’impossible se produit parfois. L’amour peut  s’affadir. L’homme et la femme conçus  pour s’aimer  se séparent, s’isolent l’un de l’autre, deviennent indifférents l’un à l’autre et finalement en arrivent à se détruire mutuellement. Quand le  péché a fait son œuvre, seul Dieu peu alors gérer le problème. Le péché est une atteinte à Dieu et ses effets ne peuvent en être corrigés que par lui, qui en prodiguant son pardon permet de tout recommencer quand tout a été détruit.
 Le tort des adversaires de Jésus  est d’avoir voulu tenir Dieu à l’écart du problème, alors que le problème ne peut trouver de solution sans Dieu. C’est parce qu’ils avaient exclu Dieu que Jésus s’est montré sévère car pour lui, sans Dieu rien n’est possible.  Comme il le fait dans toutes les situations où il croise des humains en souffrance, Jésus  va donc aider chacun à se  reconstruire.
 
 S’il a déclaré que le couple uni devant Dieu ne pouvait pas être détruit, c’est qu’il voulait rappeler la force du principe créateur de Dieu. Quand  ce principe est attaqué par le péché au point de le détruire, Dieu seul peut nous prendre en charge en nous aidant à construire à nouveau l’avenir sans  jamais regarder en arrière. Une autre vie peut alors devenir possible, une autre forme d'amour peut alors trouver a place, mais le principe d'amour doit toujours rester premier, aussi bien dans le cas de la rupture que dans celui d'une nouvelle union.
Jésus n’a donc nullement l’intention d’enfermer ceux qui ne s’aiment plus dans une attitude impossible à tenir mais il demande d’œuvrer de telle sorte que le principe d'amour reste le premier dans tous les cas et de tout mettre en œuvre pour trouver des solutions qui  remettront  les ex-époux debout, et les rendront capables de participer à nouveau  à l’enchantement créateur de Dieu, qui pour un temps les avait quitté.

Genèse 2:18-24 la sollicitude de Dieu - dimanche 4 octobre 2015


" Il n'est pas bon que l'homme soit seul "


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Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je vais lui faire une aide qui sera son vis-à-vis. 19Le SEIGNEUR Dieu façonna de la terre tous les animaux de la campagne et tous les oiseaux du ciel. Il les amena vers l'homme pour voir comment il les appellerait, afin que tout être vivant porte le nom dont l'homme l'appellerait. 20L'homme appela de leurs noms toutes les bêtes, les oiseaux du ciel et tous les animaux de la campagne ; mais, pour un homme, il ne trouva pas d'aide qui fût son vis-à-vis. 21Alors le SEIGNEUR Dieu fit tomber une torpeur sur l'homme, qui s'endormit ; il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. 22Le SEIGNEUR Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise à l'homme, et il l'amena vers l'homme. 23L'homme dit :
Cette fois c'est l'os de mes os,
la chair de ma chair.
Celle-ci, on l'appellera « femme »,
car c'est de l'homme qu'elle a été prise.
24C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.


Qui en toute bonne foi  peut être sûr de la réalité du Dieu auquel il s’adresse. Ce  Dieu lui apparaît sous divers aspects suivant ses  états  d’âme du moment. Il  peut être tout à la fois le Dieu bon et compatissant, lent à la colère ou le Dieu sévère qui  punit l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième génération. Habituellement nous nous accommodons de ces différents aspects et nous nous référons à lui en pensant plutôt à sa miséricorde qu’à sa sévérité. Mais nous restons pleins d’interrogations  à son sujet quand  nous constatons que nos prières restent sans réponse et qu’il semble rester bien peu actif face aux détresses de ce monde. 

Faute de mieux nous nous contentons  à conduire nos vies comme nous le pouvons, nous savons depuis toujours distinguer le bien du mal et nous nous nous  efforçons le mieux possible à  respecter les critères qui nous viennent des écrits de la Bible. Les dix commandements restent incontournables et décident pour nous de la volonté du Seigneur qui grâce à eux trace devant nos pas une route plane et sans détour. Pourtant nous savons que  face au silence de Dieu qui ne répond que rarement à nos demandes nous devons  prendre nos responsabilités et décider de la bonne  attitude face à des  situations qui  ne nous paraissent  pas déterminantes.     Pourtant nous faisons confiance à ce Dieu qui préside à nos destinées d’une manière immuable et qui gère le monde qu’il a créé pour nous offrir le meilleur avenir possible. Nos confessions de foi, des plus anciennes aux plus récentes, nous confortent dans cette attitude et nous affirmons avec foi et détermination : « je crois en Dieu le Père Tout puissant… »

Mais en méditant  ainsi dans l’intimité  de notre âme, dans la solitude de laquelle  nous aimons nous retirer,  nous craignons cependant de nous égarer dans nos seules pensées et de créer un Dieu à l’image de nos désirs qui ne serait pas conforme à sa révélation,; C'est alors  qu’une parole issue d’un texte bien connu vient nous  bousculer et s’impose à nous, et c’est la voix de Dieu qui nous interpelle : «  Il n’est pas bon que l’homme soit seul !... »

Voila qu’ici Dieu change de ton, il introduit une note  restrictive dans les actes créateurs qu’il a  entrepris  comme s’il constatait que l’humain qu’il avait créé n’était pas terminé et  restait en cours de création, comme si le chantier de sa création devait encore s’améliorer. Nous sommes  d’ailleurs en droit de nous demander à qui s’adresse cette remarque. La fait-il à l’intention de l’être humain en cours d’achèvement ou s’adresse-t-il cette remarque à lui-même.  Il apparaît alors comme soucieux  de parfaire sa création mais n’est pas sûr du bon résultat. Il  apparaît ici sous un jour nouveau.  Il prend l’attitude de  celui qui ne cesse d’accompagner l’humain pour  sans cesse  l’améliorer, au risque d’un échec éventuel, ce qui ne va pas manquer de se produire.

Ici Dieu n’apparaît pas sous les traits auxquels la tradition nous a habitués. Il prend un aspect différent  de celui qu’il a dans le  chapitre précédent  où il est présenté comme celui qui  crée en restant maître de la situation. Les plus futés parmi vous vont immédiatement  réagir pour nous dire que ce récit n’appartient pas à la même tradition littéraire, ce qui est facile de repérer pour les spécialistes puisque le style n’est pas le même et Dieu y est appelé d’un nom différent.  Elohim a fait place à Yahvé.  Mais qu’est ce que cela change ? Si  Dieu y est présenté sous deux aspects différents, ce   n’est pas seulement dans la manière de le nommer   qu’apparait la difficulté  mais c’est surtout dans son comportement.  On a pris l’habitude d’appeler ce texte « le récit de la création de la femme », mais si nous l’appelions «  récit de la sollicitude de Dieu »  la pointe deviendrait différente  et toutes les polémiques au sujet de la femme s’estomperaient. C’est ce que nous  allons voir.

Cette interrogation de Dieu au sujet de  l’humain  en cours de création a de quoi nous surprendre car il a été dit jusqu’à maintenant  que tout ce qui avait été fait par Dieu était bon, et même très bon  pour ce qui est de l’homme. Le récit que  nous avons lu semble dire qu’il pourrait en être autrement. Cette hypothèse nous fait voir Dieu sous un autre jour.  Dieu suggère que quelque chose dans sa pensée créatrice pourrait lui échapper et que l’humain, objet de tant de  sollicitude de sa  part pourrait  s’écarter de  son contrôle et n’en faire qu’à sa guise. Dieu ici échappe à l’image qu’on s’en fait et pourtant elle est porteuse d’espérance. Depuis le début de ce récit Dieu manifeste son amour pour l’humain qu’il vient de créer.  Contrairement au premier récit, il nous est dit  qu’il a placé l'humain dans un  jardin  avec des animaux et des végétaux qu’il a charge de garder et d’entretenir. A peine établi dans ses fonctions,  l’humain  doit travailler afin de collaborer à la création de Dieu. Tout cela a été mis en place pour que tout cela fonctionne pour le mieux être de l’humain dont on sent s’affirmer  les sentiments de Dieu pour lui. On voit déjà se profiler le portrait du Dieu Père sur lequel Jésus insistera  dans l’Évangile.
 C’est parce que Dieu aime, qu’il s’inquiète. Ainsi l’amour de Dieu accompagne l’humain en même temps que celui-ci  prend place  dans la création.

Si cette évolution dans laquelle l’humain est désormais engagé n’est pas contrôlée dès le départ, le projet risque de capoter. Il faut donc lui mettre des limites  pour éviter les dérapages possibles que Dieu entrevoit, c’est pourquoi il inscrit   la mort à l’horizon comme une barrière nécessaire à tout dépassement.  Il n’empêche que Dieu fait le pari que cette créature pour laquelle il éprouve de la tendresse est perfectible. Seule la pratique de l’amour dont elle est destinée à partager la vertu avec Dieu peut la sauver d’une perte  possible. Dieu rend alors l’humain capable  d’amour.  Son seul guide et sa seule sauvegarde c’est d’être capable d’aimer un autre lui-même.  Dieu prévoit alors que l’humain peut désormais s’accomplir dans l’amour partagé.

Il n’y a pas de supériorité du nouvel être par rapport à l’autre, ou vice versa,  puisqu’ils sont issus de la même substance et font partie de la même réalité car ils sont chair de la même chair et partagent la même sexualité.  Chacun se tient en vis-à-vis de l’autre comme seul secours possible sur le chemin de la vie. L’amour devient  la seule règle possible à l’évolution de l’humanité.

Si ça dérape,  si l’humanité transgresse ces nouvelles règles, que se passera-t-il ? La suite de l’histoire nous le montre. La vie deviendra plus dure, mais Dieu qui est tout amour ne pourra désormais que s’appliquer à lui-même la règle qu’il a donnée à l’homme et à la femme nouvellement créés et déjà  en situation d’échec.  Dieu, dans son amour pour lui, ne laisse pas l’homme seul. Désormais commence la longue  histoire  de la relation de l’humanité  avec Dieu  qui ne se terminera que quand on aura  compris  avec Jésus que Dieu a plongé depuis les origines de l' l’humanité l’homme   dans une longue histoire d’amour avec lui et avec ses semblables et que c’est  avec ce défi   que devra désormais évoluer l’humanité.


Bien évidemment il y a un autre chapitre à écrire à la suite de mon propos, c’est celui de notre rencontre avec Jésus  Christ qui s’est lui-même immergé dans cet état d’amour pour nous guider sur les chemins de la vie. Tout au long de ce récit, nous n’avons fait allusion à aucun jugement, à aucune sanction car nous n’avons pas voulu nous attacher à cet autre visage du Dieu  sévère et vengeur que la Bible nous présente à maints endroits, car à la suite de Jésus nous découvrons que celui présenté aujourd’hui éclipse tous les autres et impose l’amour comme seul chemin possible d’évolution à l’humanité.

Pour ce même jour voir aussi Marc 10:2-16


vendredi 4 septembre 2015

Mac 9:38-48 Jésus et les petits enfants Dimanche 27 septembre 2015






38  Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons par ton nom et nous avons cherché à l'en empêcher, parce qu'il ne nous suivait pas. 39 Jésus répondit : Ne l'en empêchez pas, car il n'y a personne qui puisse parler en mal de moi tout de suite après avoir fait un miracle en mon nom. 40 En effet, celui qui n'est pas contre nous est pour nous.

41 Et quiconque vous donnera à boire une coupe d'eau parce que vous appartenez au Christ, amen, je vous le dis, il ne perdra jamais sa récompense.
Les causes de chute

42 Mais si quelqu'un devait causer la chute de l'un de ces petits qui mettent leur foi en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache autour du cou une meule de moulin et qu'on le lance à la mer. 43 Si ta main doit causer ta chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie que d'avoir tes deux mains et d'aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint pas  . 45 Si ton pied doit causer ta chute, coupe-le ; mieux vaut pour toi entrer infirme dans la vie que d'avoir tes deux pieds et d'être jeté dans la géhenne. 47Et si ton œil doit causer ta chute, arrache-le ; mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans la géhenne, 48 où leur ver ne meurt pas, et où le feu ne s'éteint pas.


Si on voulait construire une société idéale en fonction de nos critères humains, pour tenter d’établir le Royaume de Dieu sur terre,  nous ferions certainement de grosses erreurs, car  nous inventerions des règles à respecter et des lois contraignantes. Sous prétexte de créer une société idéale, on finirait par réaliser une société invivable. De nombreux exemples par le passé à commencer par celui de Genève ; ont montré combien il est difficile, voire même impossible de réaliser un tel projet. Combien de communautés religieuses, animées par des prédicateurs pétris de bonnes intentions n’ont-elles pas cherché à créer des sociétés de ce type. Dans l’ancien monde, où elles ont souvent pris naissance au moment de la Réforme, elles ont été rejetées. Il s’agissait surtout de communautés mennonites et anabaptistes. Beaucoup d’entre elles, fuyant les persécutions se sont ensuite établies dans le nouveau monde où les vastes espace ont permis qu’elles s’installent sans se gêner les unes les autres.

Si Jésus avait pu prendre la parole quand ce mouvement a pris naissance, il aurait sans doute dit avec humour qu’on ne peut rien faire sans une totale liberté. Comme on va le voir par la suite, il ne s’agit pas d’un peu de liberté, mais d’une totale liberté.

Cette vertu est nécessaire pour que s’établisse durablement une société vivable qui aurait l’amour pour règle première, car l’amour récuse toute forme de contrainte. S’il y a liberté, il ne peut y avoir de contrainte et s’il y a contrainte, aussi limitée soit-elle, il ne peut y avoir de liberté, sans quoi une telle société idéale, basée sur le seul enseignement de Jésus s’effondrerait.

Il faut avoir tout cela à l’esprit quand on essaye de comprendre les propos de Jésus, car il savait bien  qu’une société idéale, construite sur des préceptes relevant de la seule piété ne pouvait aboutir. Jésus ne souhaitait  pas que ses adeptes quittent  le monde où ils vivaient. Il souhaitait  qu’ils cohabitent  au milieu de leurs semblables du mieux possible sans  chercher  à  ériger une société de parfaits. C’est dans ce monde où nous vivons,  où personne ne ressemble à son voisin, et où personne ne pense comme son voisin  que Jésus  se propose de nous accompagner.

Dans  ce passage,  Jésus n’est pas en train d’établir des règles contraignantes pour vivre  le Royaume qu’il promet. Il imagine avec humour ce que les hommes pourraient inventer comme société s’ils leur prenaient la fantaisie de se risquer  à construire  une société parfaite conforme aux règles qu
’ils pourraient dégager de l’Evangile. Il les prévient qu’elle finirait vite par devenir une société d’inadaptés. Les  uns   seraient  totalement    inutiles  puisqu’on les aurait jeté à la mer une meule de moulin attachée au cou ; quant aux autres, ils seraient infirmes à cause des contraintes qu’ils s’imposeraient à eux-mêmes. Comme ils se seraient eux-mêmes mutilés pour se punir d’avoir mal fait, Ils seraient  incapables d’être utiles à leur prochain, puisque ils seraient démunis de bras, de jambes et même de sentiments.  Ce serait exactement le contraire  de ce que l’Evangile préconise qui se construirait. En tout cas si une telle société de justes cherchait à  exister, elle ne fleurerait pas bon l’amour du prochain, mais serait liée à l’espionnage,  à la suspicion et  au jugement des autres. Cela aboutirait à une absence totale de liberté.

On ne peut vivre les promesses de Jésus sans liberté. Cela  découle de son enseignement, c’est pourquoi  Jésus ne se présente pas comme un révolutionnaire briseur d’injustices et redresseur de torts. Il s’approche des hommes avec tendresse et les fait sortir de leur immobilisme contraignant. Il leur donne un seul objectif  comme  marche à suivre : l’amour du prochain.

 Ainsi, il commence  par prendre le parti de ceux qui prêchent sans autorisation dûment patentée ou qui enseignent sans diplôme. Pour lui,  ce n’est pas la qualification ou le diplôme qui donne de la valeur à ce que l’on dit.  Lui-même n’était sans doute pas diplômé. Cette question de la formation de Jésus intéresse les théologiens et les historiens au plus haut point.  Etait-il  un dissident essénien formé à la dure école des ermites du désert ?  A-t-il étudié aux pieds des grands maîtres de la Loi  sous le portique de Salomon ?  N’a-t-il reçu  aucune formation et sa science lui venait-elle directement de Dieu sans intermédiaire humain ? Aucune réponse n’a jamais été apportée à ces questions. Il semblerait qu’il ait reçu son inspiration  de Dieu seul  qui se serait chargé de sa formation, autant dire qu’il ne pouvait  se prévaloir d’aucune autorité reconnue par les hommes.


Si Jésus n’avait aucune autorité légitime pour enseigner, comment aurait-il pu l’exiger des autres ? C’est ce que l’on dit, qui a de la valeur, à condition que la parole prononcée soit porteuse de vie et d’espérance. Le bon prédicateur n’est pas celui qui sort des meilleures universités ou qui sait manier l’éloquence, c’est celui qui dit ce que Jésus aurait dit ou qui fait ce que Jésus aurait fait.  On a tendance à croire que c’est  la formation qui donne de la valeur aux gens. La formation n’est qu’un critère, sans doute nécessaire pour que celui qui enseigne la communauté soit reconnu, mais ce qui est important c’est ce qu’il dit, à condition que ses paroles soient le juste reflet de ce qu’aurait pu dire Jésus qui mettait l’amour en tête des critères à retenir.
Jésus proposera donc à chacun de ceux qui l’écoutent de devenir le compagnon de route de sa vie, non pas pour lui imposer des contraintes qui orienteraient son existence d’une manière ou d’une autre, non pas pour faire peser sur lui une morale rigide, mais pour l’aider à donner priorité à l’amour dans tous ses choix et toutes ses entreprises.

Pourtant, on sent poindre l’exaspération dans ses propos, parce que la société qui l’entoure a donné priorité à d’autres critères que les siens. Elle a fait de la morale la règle essentielle de la religion. Jésus ne s’en prend pas à l’hypocrisie des pharisiens qu’il a déjà dénoncée par ailleurs. Ce qui l’exaspère, c’est la rigueur morale qu’ils enseignent ,  car ils enseignent que Dieu se cache derrière la rigidité de la Loi de Moïse et qu’il se contente du respect de la loi pour absoudre toutes les fautes.


Or pour Jésus c’est le manque d’amour à l’égard des petits qui est la cause de tous les troubles de la société. Pour lui,  Dieu se fait connaître  par l’amour que lui-même leur porte. Il ne vous a pas échappé que Jésus a mis les petits au centre de son propos. Mais bien vite vous allez oublier ce détail, qui n’en est pas un,  tant la violence  des propos de Jésus qui font suite  vont vous heurter.

Le lecteur un peu attentif, que vous êtes sans doute,  sera impressionné par la sévérité des paroles de Jésus.  Vous allez sans doute être portés à  considérer que la dureté des attitudes  imposées par Jésus est  encore plus sévère que la loi imposée par les pharisiens et les  scribes. Ses exigences respirent une violence insupportable. Quand ce n’est pas la mort qu’il préconise, c’est la mutilation qu’il envisage. A l’entendre  on n’a plus qu’une seule envie, c’est celle de tourner la page et de renvoyer Jésus  rejoindre  l’école de ceux qui préconisent que de telles pratiques soient encore appliquées, si bien qu’on ne désire plus l’avoir pour guide.

Je vous arrête ici dans vos pensées, car si elles étaient les vôtres vous auriez tout faux. En effet de tels propos s’accordent mal avec  l’attitude de tendresse préconisée ailleurs par Jésus. En fait il ne préconise  pas  ces  pratiques cruelles,  il  les mentionne seulement pour provoquer notre intelligence et nous forcer à réfléchir. Il veut nous dire  simplement  que notre attitude à l’égard des petits,  pour lesquels nous n’avons pas grands soucis, est porteuse de mort, et que nous mériterions un châtiment  sévère de la loi  si on  considérait  que  telle serait la volonté de Dieu pour  se faire aimer. Loin de lui d’exiger que l’on noie ceux qui manquent de  respect aux petits ou qu’on se mutile soi-même pour toutes les formes de manquement à la  charité. 

 Autrement dit, Jésus  retourne contre nous les pratiques de la loi que nous souhaiterions  instituer, pour nous permettre de comprendre qu’un tel projet serait mortel pour nous.  En fait il ne parle pas de la Loi de Moïse, mais d’une loi que nous nous imposerions à nous-mêmes au cas où nous chercherions à être parfaits. Tout compte fait, Jésus nous laisse déduire logiquement de son propos qu’il serait plus avantageux pour nous de pratiquer l’amour plutôt que la loi.

Les petits ce sont ceux qui n’ont pas la parole, les enfants, bien sûr, mais aussi les malades, les infirmes, les réfugiés, les sans asile, les prisonniers, les vieillards. Tous ces gens  que notre société marginalise  et qui auraient besoin de toute notre attention et devraient mobiliser tous nos soins. Une société qui ne le ferait pas ne pourrait pas être porteuse de vie et d’espérance, car c’est à partir de gestes en faveur des petits que s’édifiera le Royaume de Dieu.



 Il n’est donc pas question de construire une société à part, faite de croyants qui fuiraient un monde aussi injuste que le nôtre. Il est question de se laisser immerger dans ce monde-ci  et de mettre nos propos et nos actions  au service de la cause de tous ces petits dont l’amour et la sollicitude des autres font tant défaut.

Aucune loi ne nous condamnera si nous ne le faisons pas, mais si nous ne le faisons pas, comment pourrons-nous encore  parler de l’amour de Dieu ?
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