lundi 30 mars 2015

Actes 4: 8-12 au sujet du miracle - dimanche 26 avril 2015



Chapitre 3

Guérison d'un infirme


1 Pierre et Jean montaient au temple à l'heure de la prière (la neuvième heure) . 2 Or on portait un homme infirme de naissance, qui était placé tous les jours à la porte du temple appelée la Belle, pour demander un acte de compassion à ceux qui entraient dans le temple. 3 Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, il se mit à demander un acte de compassion. 4 Pierre, avec Jean, le fixa et dit : Regarde-nous. 5 Lui les observait, s'attendant à recevoir d'eux quelque chose. 6 Mais Pierre dit : Je ne possède ni argent, ni or ; mais ce que j'ai, je te le donne : par le nom de Jésus-Christ le Nazoréen, lève-toi et marche ! 7 Le saisissant par la main droite, il le fit lever. A l'instant même, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes ; 8 d'un bond il fut debout et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu. 9 Tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. 10 On le reconnaissait : c'était lui qui était assis à la Belle Porte du temple pour demander des actes de compassion ; les gens furent remplis d'émoi et de stupéfaction au sujet de ce qui lui était arrivé...

4.1 Tandis qu'ils parlaient au peuple, les prêtres, le commandant du temple et les sadducéens survinrent, 2 excédés de les voir instruire le peuple et annoncer, en la personne de Jésus, la résurrection d'entre les morts. 3 Ils mirent la main sur eux et les placèrent sous bonne garde jusqu'au lendemain — car c'était déjà le soir. 4 Cependant, beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole devinrent croyants, et le nombre des hommes s'éleva à environ cinq mille.

5 Le lendemain, leurs chefs, ainsi que les anciens et les scribes, se rassemblèrent à Jérusalem 6 avec le grand prêtre Anne, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui étaient de la lignée des grands prêtres. 7 Ils les firent comparaître au milieu d'eux et leur demandèrent : Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait cela ?




8 Alors Pierre, rempli d'Esprit saint, leur dit : Chefs du peuple et anciens, 9 puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme infirme et sur la manière dont il a été sauvé, 10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d'Israël : c'est par le nom de Jésus-Christ le Nazoréen, que vous avez crucifié et que Dieu a réveillé d'entre les morts, c'est par lui que cet homme se présente en bonne santé devant vous. 11 C'est lui, la pierre que vous, les constructeurs, vous avez méprisée, et qui est devenue la principale, celle de l'angle. 12 Le salut ne se trouve en aucun autre, car il n'y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les humains par lequel nous devions être sauvés.



13 En voyant l'assurance de Pierre et de Jean, ils étaient étonnés, car ils se rendaient compte que c'étaient des gens du peuple sans instruction. Ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. 14 Mais comme ils voyaient debout auprès d'eux l'homme guéri, ils n'avaient rien à répliquer. 15 Ils leur ordonnèrent de sortir du sanhédrin et délibérèrent entre eux, 16 en disant : Comment allons-nous traiter ces gens ? Il est manifeste, pour tous les habitants de Jérusalem, qu'un signe évident a été accompli par leur entremise ; nous ne pouvons pas le nier. 17 Mais, pour que cela ne se répande pas davantage dans le peuple, défendons-leur, avec des menaces, de parler désormais à qui que ce soit en ce nom-là.

18 Alors ils les appelèrent et leur enjoignirent formellement de ne plus parler ni enseigner au nom de Jésus. 19 Pierre et Jean leur répondirent : Est-il juste au regard de Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu ? A vous d'en juger, 20 car nous, nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. 21 Ils leur firent de nouvelles menaces et les relâchèrent, sans trouver moyen de les punir, à cause du peuple ; tous, en effet, glorifiaient Dieu pour ce qui était arrivé, 22car l'homme qui avait bénéficié de ce signe, de cette guérison, avait plus de quarante ans.  


Actes 4 :8-12

Voila de nombreux mois que Jésus était parti pour ce monde mystérieux où, dans l’intimité de Dieu, il régnait  sur le monde. Mais qu’est-ce que tout cela avait changé pour tous ces humbles pêcheurs du lac dont les événements concernant Jésus avaient sans doute bouleversé la vie de font en comble. Sans doute leur vie familiale et leur confort quotidien avaient  été ébranlés, sans qu’on puisse imaginer à quel point. Ils étaient devenus suspects aux yeux des autorités civiles et religieuses.  Même s’ils  n’étaient pas écartés du Temple, ils devaient rester discrets. Que leur restait-il de positif ? Des souvenirs, des événements forts, tels que la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte. Autant d’événements qui avaient  tout bousculé en eux.

 Leur conception de Dieu était devenue différente,  mais ils devaient encore radicaliser l’expression de leur foi, et cela ne pourrait se faire qu’avec  le temps.  Ils étaient devenus les intimes du Seigneur, mais le réalisaient-ils vraiment ?  Ils ne priaient plus de la même façon, même s’ils continuaient à suivre les pratiques anciennes, tant il est vrai que si tout avait changé pour eux, rien n’avait apparemment changé dans le fond des choses si non que leur vie était devenue plus compliquée.   Le Royaume annoncé n’était pas arrivé, l’inquiétude s’était installée et la foi nouvelle n’avait encore rien changé.

La foi en la résurrection ainsi que l’acquisition d’une  nouvelle manière d’appréhender les choses met toujours du temps à faire son chemin dans  nos âmes.   Les vérités  anciennes ont beau être dépassées, elles laissent cependant  des traces et des habitudes et la toute puissance  du Christ nouvellement acquise a du mal à s’imposer.  Tel est le sort de tous les croyants qui ont toujours du mal à progresser dans  la foi. Par moment Jésus permet qu’un miracle vienne bousculer la routine et confirme les intuitions de la foi.  Mais quelle vérité se cache derrière un miracle ! Gare à celui qui se laisse  séduire par l’émerveillement au risque de rater le sens profond d’une vérité qu’il faut encore décrypter.


Ici, il s’agit d’un boiteux qui cesse de boiter sur le passage des apôtres ! Etait-ce le changement espéré ? L’inquiétude des autorités qui s’ensuivit, l’arrestation des apôtres, la consternation dans leurs rangs, la perplexité des scribes et des grands prêtres,  qu’y a-t-il derrière ce miracle ?

Par le passé, Jésus avait fait des miracles, mais ces miracles n’avaient jamais rien prouvé, et Jésus demandait toujours de ne pas ébruiter l’affaire. «  Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ». Tel était le mot d’ordre. Après lui, les apôtres et disciples continuent à faire des miracles. Mais ça ne leur donne aucune autorité, ça le fait pas avancer leur cause, ça ne transforme pas la société, et comme on vient de le voir, ça ne leur apporte que des ennuis.  

Mais alors, qu’est ce qu’un miracle ? Il semble qu’ils s’inscrivent dans une  succession d ’événements qui rappellent à ceux qui croient que Dieu est toujours fidèle à leur cause et qu’il est toujours présent dans leur vie. Cela n’aide personne à croire, mais cela aide les fidèles à avancer.  Ils agissent en eux comme les pierres blanches  du petit Poucet  qui en les repérant savait qu’il était sur le bon chemin.

Contrairement, à ce que certains  croient, ils n’ont rien à voir avec des prodiges, même si ceux qui les racontent  les racontent  comme des prodiges  où Dieu  irait même jusqu’à contredire  les lois de la nature. Les récits des apocryphes sont pleins de  ces récits de prodiges, mais ce ne sont pas des miracles. Le miracle est seulement un signe dans lequel le croyant sait discerner la présence de Dieu. C’est l’histoire d’un malade qui se sent mieux, c’est un boiteux qui n’a plus besoin de ses cannes, c’est un signe toujours en lien avec un progrès dans  la vie qui rappelle au croyant que Dieu est le maître de sa vie, pour ce temps et pour l’éternité.

Il est souvent consternant de constater que les témoins de tels événements cherchent en les racontant à démontrer la toute puissance de Dieu, plutôt que de dire la présence de Dieu dans la vie, car de tels récits risquent de nous faire passer à côté de la vérité sans servir la cause de la foi.

Si l’Evangile s’est répandu dans le monde, ce n’est pas grâce aux miracles que les chrétiens ont  produits, car ils sont devenus plutôt des martyrs que des faiseurs de miracles. Et ce n’est pas, comme on l’a souvent  dit, que le sang des martyrs, agissant comme par miracle aurait été le ferment de la chrétienté, c'est par la parole de Jésus qui s’est répandue comme une vérité indémontrable par l’action du Saint Esprit.   La parole  a en elle assez de pouvoir pour transmettre la vérité qu’elle contient.

Le miracle agit comme une parole en acte qui témoigne  de la vie que Dieu  donne  aux hommes. Cette vie les saisit dans leur quotidien et transforme leur vision des choses, de telle sorte qu’ils se mettent à comprendre différemment les vérités sur le monde. Ils comprennent que Dieu est le maître de la vie, même quand celle-ci est contestée par la mort. A plus forte raison ils découvrent que Dieu s’empare de la mort, pour l’habiller de la vie que lui seul peut donner. Ainsi celui qui est au bénéfice du miracle, n’est pas forcément celui qui se trouve guéri alors qu’il ne s’y attendait pas, mais celui qui voit dans et événement l’action de Dieu qui fait vivre tous ceux qui croient en lui.


Il ne nous appartient pas de dire comment se produit le miracle. Cette action reste mystérieuse. Si elle est l’œuvre de Dieu, elle n’a nul besoin  de notre analyse, elle suit les canaux mystérieux que le saint Esprit veut bien lui faire suivre et elle reste avant  tout un témoignage sur la vie que Dieu prodigue. Beaucoup croient qu’en insistant sur les miracles et en les racontant de manière merveilleuse, ils font avancer la cause de Dieu. C’est là qu’ils se trompent, car Dieu n’a nul besoin d’artifice pour faire avancer sa cause. Il a besoin de croyants  qui en agissant dans la société où ils sont accréditent l’idée selon laquelle Dieu est toujours partie prenante de toutes les actions qui favorisent la  vie et que toutes ont  potentiellement  valeur de  miracle.

La foi n’a donc pas besoin de miracle pour s’imposer car le miracle est avant tout un événement dans la  vie du croyant à travers lequel ils discerne  la présence de Dieu dans sa vie.

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