lundi 30 avril 2012

Jean 17:11-26



Gétsémané Dimanche  20 mai 2012


1Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens à toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous. 12Lorsque j'étais avec eux, moi, je les gardais en ton nom, ce nom que tu m'as donné. Je les ai préservés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon celui qui est voué à la perdition, pour que l'Ecriture soit accomplie. 13Maintenant, je viens à toi, et je parle ainsi dans le monde pour qu'ils aient en eux ma joie, complète. 14Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a détestés, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 15Je ne te demande pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. 16Ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 17Consacre-les par la vérité : c'est ta parole qui est la vérité. 18Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. 19Et moi, je me consacre moi-même pour eux, pour qu'eux aussi soient consacrés par la vérité.

Seule la foi en Jésus Christ peut nous permettre de comprendre que  l’espérance peut jaillir au cœur d’un échec total. Seul Jésus peut  dire un échec en termes positifs  et dire l’espérance au cœur  des drames.  Mais est-il toujours possible de voir la main de Dieu agir quand tout s’effondre autour de nous? Qui saura faire avec sagesse le bilan positif d’une vie anéantie?

Tout cela nous pose vraiment question, cependant notre existence n’aurait aucun sens  si Dieu ne venait accompagner par sa présence les drames de notre vie. Mais comment voir cette présence quand nous sommes aveuglés par ce qui devient incompréhensible à notre raison? Pourquoi Dieu semble-t-il absent quand nous souffrons le plus ? A travers l’expérience de Jésus nous espérons trouver une réponse, car nous savons que Dieu agit même si le malin nous cache sa présence.

Dans ces paroles de la prière sacerdotale,  que l’Evangéliste Jean place dans la bouche de Jésus, nous avons  la réponse  de Dieu à tous les  drames vécus par les hommes. Jésus se trouve dans une situation d’échec total et la mort en est la seule issue. Plus rien ne devrait avoir de sens pour lui. Ses amis qui l’entourent encore  ne comprennent rien à sa situation  et chacun à son tour va l’abandonner à la nuit du désespoir. Il va mourir d’une mort qu’il a choisie mais que personne ne comprend, et cela ne fait qu’accroître le sentiment d’abandon qu’il ressent. Le traître est  déjà en train de faire son œuvre.

Ce décor d’angoisse que je viens de décrire a été planté par les autres Evangiles, mais il reste en toile de fond  pour cette ultime prière que Jésus  prononce pour nous. Dans ce décor de cauchemar, jaillit la plus forte protestation d’espérance que peut proférer un humain. L’Evangéliste nous montre que Dieu peut être présent dans  les drames de la vie, même si ce n’est pas cette présence là que nous souhaitons.

Nous comprenons qu’il peut  donner du sens à l’aventure humaine, même quand elle n'en a plus. Nous pouvons alors actualiser tous nos échecs  dans ce récit et entendre Jésus dire  pour chacun de nous: «  Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi... ». Mais si nous comprenons que Dieu est présent et donne du sens à ce qui n’en a pas, nous ne comprenons pas pourquoi il reste impuissant à modifier le cours des choses

Jésus se situe dans ce monde ci, celui où nous sommes, mais il se tient  à la frontière d’un autre monde que nous ne connaissons pas encore mais où se situe la vérité de Dieu. Le monde où nous sommes avec ses drames et ses échecs fait écran et nous empêche de voir une autre réalité qui est tout aussi réelle que celle du monde où nous sommes.

Jésus nous permet d'entrevoir cette nouveauté et  crée de la sérénité là où nous ne voyons que tristesse et souffrance. Il ne puise pas sa sérénité dans une sagesse spéciale qu’il serait le seul à connaître. Il la puise dans  sa compréhension des Ecritures où il trouve  un motif d'espérance. Il intègre complètement cette espérance et nous la rend possible.  Il l’intègre tellement qu’il finit par s’identifier à Dieu au point d’être confondu avec lui.   C'est par l'espérance qu'il puise dans l'Ecriture qu'il se fait si proche de Dieu qu'il se confond avec lui.

Jésus ne devient pas alors fils de Dieu à cause d’ une naissance miraculeuse qui l'aurait mis à part, mais il le devient parce qu'il se fait porteur de  l'espérance qu'il puise dans les Ecritures au point qu'il se trouve absorbé dans la divinité de Dieu.  Etant de même nature que Jésus, nous avons accès au même sort que lui. Il nous devance seulement sur le chemin de la connaissance du salut. Tous nos désespoirs et tous nos échecs trouvent alors leur aboutissement en Dieu. Jésus  nous accompagne sur le chemin de la connaissance de Dieu. Il est  aussi démuni que nous le sommes, mais  il nous encourage à le suivre et à l’imiter. C'est ainsi  qu'en partageant son espérance  nous devenons  comme lui, un enfant de Dieu.

Le chemin qu'il  propose est celui que peut suivre tout individu, s’il est guidé correctement. Jésus nous donne l’exemple et se propose d’être notre guide, tel Virgile dans la divine comédie guidant les pas de Dante ou tel l'ange guidant les pas de Jean dans l'Apocalypse, mais rien ne se fait  sans peine et sans effort.

Tout a commencé à l’origine du monde. C’est là qu’il nous entraîne quand il dit: « Tu m’as aimé dès avant la fondation du monde »  Il nous ramène à l’origine de toute chose, quand après  que le monde ait  surgi hors  du néant,  Dieu s’est intéressé à lui. Jésus a compris, le premier avant tous, qu’avant même que le monde soit, Dieu qui était déjà amour,  se préparait à animer  de cet amour les êtres pensants qui allaient  devenir ses vis à vis et qu'il commençait déjà à  aimer.

 Autrement dit, avant même que ne retentisse dans l’univers qui n’existait pas encore, le fracas du big bang qu’aucune oreille n’avait  pu entendre puisqu’il n’y en avait pas encore  une seule, avant même que ce moment mythique ne se produise, existait déjà une pulsion d'amour  qui allait  animer ce qui n'était pas encore créé.  Mais cela ne voulait pas dire  que l’évolution du monde ne se ferait pas sans souffrance. Il n’était pas dit que malgré l’amour que Dieu allait prodiguer aux hommes, ceux-ci échapperaient aux difficultés de l’existence qu’ils allaient mener. Il n’était pas dit non plus que les hommes par leur péché allaient en rajouter.  

 Jésus a fait de la notion d'amour  le code de lecture indispensable pour lire les Ecritures. C'est avec cette intuition, que  Jésus a décrypté  les Ecritures pour nous. Il  a compris  que cet amour était présent à chaque étape de la révélation. Ce n'était  pas seulement une idée sublime, capable de nous faire rêver, il a découvert que l’amour  pouvait se matérialiser. Toute sa personne a rendu compte de cette réalité et il est devenu dans sa personne l'expression de l'amour tel que Dieu l’avait conçu.

On aurait pu penser  que s'étant approché de Dieu jusqu'à  ce point,  il allait entrer tout vivant dans le mystère de Dieu. Il n’en fut rien.  Il aurait pu  être comme ces grands sages de l’Inde qui à force d’ascèse et d’abstinence arrivent à s’identifier au divin si bien que leur apparence physique tend à s’estomper jusqu’à disparaître. On aurait pu croire que Jésus allait vivre la même initiation et que sa vie allait se terminer en étant absorbé par le divin.
Mais il en a été autrement.  Pour entraîner tous les hommes à sa suite il a consenti  à aller jusqu' aux  portes du néant pour que  le néant  s’ouvre sur l’Eternité,  pour tous ceux qui le suivraient. Tout cela ne pouvait s’achever dans une pirouette où on aurait vu Jésus absorbé par  le divin.  Il fallait que son action  concerne aussi la matière. L’affrontement avec la mort devenait inévitable. Il fallait que le divin s’empare du néant et de la mort. La fin de Jésus telle que nous la connaissons devenait désormais inévitable. C’est donc porteur des promesses déjà contenues dans tout ce qui a préludé à la création que Jésus a vu venir la mort vers lui et qu’elle est devenue vie et éternité. La victoire sur la mort signifie donc qu’il n’y a désormais aucun lieu d’exclusion, aucune situation d’échec irrémédiable où Dieu ne puisse apporter une note d’espérance.

Tout cela en termes clairs signifie que depuis toujours Dieu s’efforce d’intégrer tous les drames humains, qu’il n’est indifférent à aucun échec. Jésus a montré que par sa mort le désespoir n’a aucune place dans les projets de Dieu pour les hommes. Bien entendu, le malin s’acharne à brouiller les cartes et à mettre en nous la perturbation, mais il ne peut anéantir l’espace d’éternité que Dieu a inscrit en chacun de nous.


























vendredi 27 avril 2012

Jean 15:9-17

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Dimanche  13 mai 2012

9Comme le Père m'a aimé, moi aussi, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour.
11Je vous ai parlé ainsi pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.
12Voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. 13Personne n'a de plus grand amour que celui qui se défait de sa vie pour ses amis. 14Vous, vous êtes mes amis si vous faites ce que, moi, je vous commande. 15Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l'esclave ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai entendu de mon Père. 16Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et institués pour que, vous, vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure ; afin que le Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom.
17Ce que je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres.


- Peut-on aimer  si on n'éprouve aucun sentiment pour l'autre?
- Ne pas répondre à la violence de celui qui vous humilie est-ce de l’amour ?

Si on répond par l'affirmative à ces deux questions n'éprouvera-t-on pas une profonde frustration?  Peut-on alors trouver une satisfaction dans la frustration ? Derrière ces quelques remarques  se cachent bien évidemment toutes les questions que nous formulons quand l’Évangile nous propose  de trouver notre bonheur dans des attitudes  que nous pourrions qualifier de vexatoires ou d’aliénantes. "Heureux serez-vous quand on vous outragera, aimez vos ennemis,  priez pour ceux qui persécutent. » Voila des textes, tant de fois cités qui permettent au nom d’un idéal évangélique mal compris,  de justifier des situations parfois choquantes.

Il paraît tout à fait évident et conforme à notre nature  humaine de considérer que le but de notre vie est d’être heureux, c'est pourquoi chacun cherche à sa manière le secret du bonheur. Nous pensons qu’il réside dans l’accomplissement de nos dons et de nos désirs. Nous cherchons dans le dépassement de nous-mêmes à réaliser ce qui nous motive le plus et nous pensons ainsi atteindre le bonheur. Mais l’être humain est un puits sans fond. Il n’arrive jamais au terme de ses désirs et en demande toujours plus. Pourtant  la plupart d'entre-nous considèrent que  l’expression d’une sagesse raisonnable consiste, faute d’avoir vraiment trouvé le bonheur, à  se contenter de ce qu'on a et de s'en accommoder comme un succédané du bonheur. Il semble cependant que soit révolue l'époque où  jadis les philosophes invitaient chacun à  trouver son bonheur dans la satisfaction de l’instant qui passe et où  les théologiens l’invitaient à accepter son sort comme un don de Dieu.

Face à ceux qui malgré tout restent satisfaits d’eux-mêmes, se dresse l’immense groupe des insatisfaits et des malchanceux. Blessés par la vie avant de l’avoir commencée, ou nés sous une mauvaise étoile, ils sont frustrés et ne trouvent leur satisfaction qu'en exprimant leur révolte. Le mot d’ordre de ces dernières années n’est-il pas de s’indigner ? La société où nous vivons attise ces sentiments de frustration en accusant  les autres  d'être responsables   de notre mal-être.

 C'est sur ce point que Jésus nous provoque, il nous invite non seulement à découvrir qui sont ces autres que nous accusons, mais à les aimer. Il ne s’agit cependant pas de subir leurs sarcasmes  et d’accepter d’être humilié par eux, mais  de chercher à avoir vis à vis d'eux une attitude telle qu'ils seront amenés à se transformer.  C'est ainsi que l'on plaira à Dieu.  Car selon lui, c'est dans notre bonne relation avec  l'autre, quel qu'il soit, que réside le secret du bonheur et on ne peut être heureux sans plaire à Dieu. Mais comment arriver à ce renversement d'attitude  quand c'est l'indifférence, voire même l'hostilité qui préside à nos relations avec les autres?

On ne peut aimer sur commande. On ne peut pas aimer ceux pour qui nous n’avons aucune attirance et l’injonction de Jésus qui nous pousse vers tous les autres nous paraît suspecte et irréaliste. Quoi qu’il en soit nous savons  bien que notre désir de réussite personnelle ne nous apportera que des satisfactions fugitives et égoïstes, si elles ne sont pas accompagnées par  une grosse part d’altruisme et d’intérêt pour les autres.

Jésus en a fait un impératif. Il considère que nous ne pouvons pas faire autrement. En fait,  l’Écriture depuis les textes les plus anciens jusqu’aux plus récents,  nous introduit dans cette perspective qui est la règle de conduite de Dieu. Même, si la violence semble être une constante dans  la Bible, et c’est ce qu’on lui reproche, elle nous présente cependant un Dieu soucieux de l’avenir de l’homme. Il sauve Noé du déluge, il libère le peuple hébreu esclave en Égypte. Il nous est suggéré  que la motivation profonde de Dieu résiderait dans le fait qu’il aime l’homme d’une manière parfois incompréhensible puisqu’il ira même jusqu’à  sauver Caïn coupable du meurtre de son frère

Si l’être humain est fait à l’image de Dieu, comme il est dit, c’est qu’il y a en lui la  même  capacité à aimer, même ce qui lui est hostile. Cela  fait partie de ses structures profondes. Il doit développer cette capacité pour accomplir son destin.  Mais l’homme a une faiblesse, c’est  le rapport qu’il entretient avec  lui-même. Il s’ingénie à retourner toutes ses capacités vers lui-même et à les mettre au service de son propre ego.

C’est ainsi qu’il exerce l’amour. Nous nous aimons nous mêmes en priorité et en totalité avant de concevoir que nous sommes fait pour aimer les autres. Jésus nous rappelle que nous sommes conçus  pour aimer notre prochain, à égalité avec nous-mêmes.  Pourtant, ce n'est pas aussi évident. Quand nous croyons aimer les autres, c’est souvent à nous que nous pensons en premier.  "Je ne peux pas vivre sans toi dit l’amoureux à sa bien aimée", en s’exprimant ainsi, c’est à lui qu’il pense en priorité et non à elle.  Aimer ce n’est pas  ne pas pouvoir se passer de l’être aimé, c’est vouloir que l’être aimé soit heureux. C’est sur ce point qu’Eros rejoint Agapè et qu’ Agapè supplante Eros. Ainsi l'homme en quête d'amour doit commencer à lutter contre lui-même. Il doit d’abord en prendre conscience avant d'aller plus loin.

Mais nous avons dit que l’amour ne se commande pas et que nous ne pouvons pas aimer celui pour lequel nous n’éprouvons pas de sentiments.  A défaut des sentiments, nous pouvons cependant réfléchir à  notre  attitude.  Cette attitude consiste à  faire ce que nous ferions si nous éprouvions un sentiment d’amour pour celui pour lequel nous restons indifférents.  Nous pouvons aussi  penser que puisque Dieu nous pousse à le faire, il nous en donnera la force et fera également jaillir en nous un sentiment que nous ne croyons pas pouvoir éprouver.  Nous imaginons alors ce que serait notre société si cette attitude se généralisait. C’est  en envisageant une telle perspective  que Jésus parle alors de joie. Une telle attitude de la part des hommes comblerait Dieu de joie et le remplirait de bonheur.

Il est gratifiant pour nous de combler la joie de Dieu, mais à quoi cela nous sert-il ? Si nous rendons Dieu heureux décidera-t-il alors de rendre le monde différent et acceptable pour les hommes ? Le monde tirerait-il un avantage quelconque à participer au bonheur de Dieu ? Autrement dit   si le genre humain se mettait à obéir à sa nature profonde et se mettait à aimer ses semblables d’une autre manière que ce que  nous faisons  habituellement, Dieu changerait-il  d'attitude vis à vis du monde et créerait-il une société paradisiaque?
Non. Les hommes n’ont aucun pouvoir sur Dieu, et encore moins celui de le changer. Mais la bonne réponse n'est pas vraiment là.  .

La bonne réponse  réside dans le constat  que le seul fait de rendre Dieu heureux suffit à lui seul à changer les hommes  en provoquant  un immense bonheur dans leur  cœur. Plus nous nous ouvrirons à notre prochain, plus Dieu sera heureux et plus heureux serons-nous à notre tour. Si cela se produisait, cela  entraînerait le bouleversement  général que Jésus est venu annoncer. En agissant ainsi nous apporterions la conclusion logique à l’œuvre de Jésus  qui ne serait pas mort en vain, puisque l’amour dont il a revêtu  son sacrifice aurait réussi à modifier nos comportements.

Jusqu’ici le succès de cette entreprise n’a pas été évident.  Son échec  apparent  tiendrait  au fait  que les plus croyants et les plus généreux parmi nous  voudraient   imposer ce comportement  d’amour  aux autres comme s’ils  étaient  différents d’eux ou même supérieurs  à eux, alors que cet amour ne peut  se réaliser   que dans  la liberté de chacun. L’Église n'a pas à convaincre les hommes de la nécessité d'aimer, c'est un point acquis, mais elle doit être un lieu de liberté où l'amour trouvera ses droits. Et ce n'est toujours pas le cas.

 Il est cependant réconfortant de réaliser que nous sommes conçus avec une capacité à aimer et que nous avons possibilité de le faire pour la plus grande joie de Dieu qui devient communicative au point de nous rendre heureux à notre tour.







vendredi 20 avril 2012

Jean 15:1-8



Parabole de la vigne et des sarments-  dimanche 6 mai 2012

vigne rouge de Vincent Van Gogh
C'est moi qui suis la vraie vigne, et c'est mon Père qui est le vigneron. 2Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l'enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu'il porte encore plus de fruit. 3Vous, vous êtes déjà purs, à cause de la parole que je vous ai dite. 4Demeurez en moi, comme moi en vous. Tout comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure dans la vigne, vous non plus, si vous ne demeurez en moi. 5C'est moi qui suis la vigne ; vous, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; hors de moi, en effet, vous ne pouvez rien faire. 6Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent. 7Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. 8Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez mes disciples.


  
Avez-vous déjà vu une vigne avant et après qu’elle ait été taillée, cela mérite le déplacement.  Il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour  contempler le spectacle. Celui qui y assiste en promeneur  en a pour les yeux et pour les oreilles. Le pied de vigne qui tend ses branches dénudées vers le ciel gris du mois de mars se trouve  en très peu de temps réduit à très peu de choses : un moignon de bois tordu qui est le cep et quelques tiges de sarments mutilés qui porteront à l’automne les fruits dont on pressera le vin, signes de la vie que le Christ partage avec le monde. Les claquements secs et discrets du sécateur déchirent le silence comme autant  de petits cris de souffrance. Les sarments coupés devenus inutiles sont rassemblés en petits tas  qu’une flamme claire réduits en cendres. Dans l’air encore frais du printemps qui commence à peine s’entremêlent curieusement la vie qui va naître et la vie qui s’en va. Les sarments qui ne servent plus à rien disparaissent et la future récolte n’est encore qu’à l’état de promesses.

Nous avons là une image de l’Église. Elle n’est sans doute pas attractive, mais elle est porteuse de promesses. Le cep qui représente son corps n’a d’intérêt que parce que le Christ l’habite. Il ressemble à un vulgaire morceau de bois fiché en terre. Son aspect insignifiant n’a d’intérêt que pour le vigneron qui sous l’écorce racornie perçoit déjà la sève qui murmure. Les quelques rameaux graciles, judicieusement taillés figurent les membres de l’Église et portent en eux l’espérance de la récolte. A première vue, l’aspect de la vigne n’est guère engageant et n’offre rien d’attrayant. Telle est l’image que Jésus utilise pour exhorter toutes les églises qui vont naître au cours des siècles. Elles sont averties du fait que leur fidélité dépendra d’une taille appropriée pour que leurs fruits produisent le meilleur vin qui annoncera le royaume qui vient.  On croirait à évoquer cette image  entendre la voix de  Jean Calvin déclarant  que l’Église réformée est toujours à réformer, comme le vigneron qui chaque année doit tailler sa vigne pour la rendre féconde. Il la réduit pour la faire grandir.
 
Jésus nous a habitués à d’autres images pour dynamiser son Église. Il nous l’a décrite comme une graine qui pousse toute seule et  qui d’un seul coup se recouvre de feuillage tellement épais que les oiseaux peuvent s’abriter sous son ombre. Elle peut prendre l’aspect fragile d’une coque de noix livrée à la furie des flots que Jésus calme avec autorité et qui arrive sereinement au  port. Paul a utilisé l’image du sportif dans le stade qui court pour recevoir la palme du vainqueur. Par contre ici, c’est la seule fois dans l’Évangile qu’on  nous décrit  l’Église comme une plante que l’on mutile pour la rendre plus productive. Les coups de sécateurs sont perçus comme autant de souffrances nécessaires que le Seigneur nous imposerait pour obtenir le triomphe de son Église. Nous ne comprenons pas pourquoi Dieu lui imposerait régulièrement   une telle épreuve, comme s’il voulait par avance justifier les souffrances que le sort nous réserve d’une manière inexplicable.

Détrompez-vous, il n’y a pas ici une esquisse de la doctrine de la rédemption par la souffrance comme certains le souhaiteraient. Il nous faut revenir au texte et repérer comment Dieu s’y prend pour tailler la vigne.  En effet, il ne prend pas de sécateur et il ne la fait pas souffrir. C’est sa Parole qui produit les effets souhaités et c'est par elle  que les rameaux que nous sommes sont taillés.   C’est par le moyen de la Parole à laquelle nous avons cru que Dieu agit.  C’est grâce à elle que nous avons décidé de nous attacher au Christ. C’est elle qui guide les étapes de notre vie chrétienne, et si quelque chose est à retrancher ou à enlever de nos vies, c’est par elle que nous l'identifions  et c’est librement que nous décidons de l’ enlever. Ce n’est donc pas Dieu qui opère des  ablations douloureuses, mais c’est chacun de nous qui régule sa vie selon que la parole le pousse dans un sens ou dans un autre. C’est par fidélité à sa parole que  nous faisons les choix qui donnent du sens à notre vie. La Parole de Dieu est l’élément régulateur dont nous nous servons, bien souvent sans nous en rendre compte,  pour purifier notre vie et rester fidèlement attachés au cep qui est le corps principal de l’Église et sous l’écorce duquel se dissimule le Christ lui-même.

Je me suis plu à dépeindre le cep comme un morceau de bois sans grand intérêt. On ne le remarquerait pas si ses sarments ne se couvraient de feuilles, de vrilles et de pampres prometteurs de fruit et de joie. Le cep n’a de raison d’être que dans ses branches qui lui donnent la récompense de ses efforts. Ses efforts consistent à acheminer la sève jusqu’au plus lointain de ses rameaux. Il ne peut vivre sans les rameaux qui ne peuvent vivre sans lui. Le Christ ne peut être vraiment porteur de vie que si les fidèles sont porteurs de vie à leur tour.

Chacun des fidèles que nous sommes est ici interrogé au sujet de lui-même et du témoignage que sa propre vie rend au Christ. Nous, sommes mis en face de nos responsabilités car c’est aux fruits que nous produisons que l’on reconnaîtra le Seigneur qui nous anime et que le Seigneur sera glorifié, et si le Seigneur est glorifié il le sera dans la joie. Notre existence n’a pas d’autre but que de mettre le Seigneur dans la joie, et il est heureux si  l’ensemble de sa création évolue avec harmonie.

Nous avons compris que le Seigneur nous rend efficaces par l’esprit qu’il dépose en nous. C’est la sève qui monte du cep vers les sarments qui permet aux fruits de se gorger de vie avant de devenir le vin nouveau qui abreuve le monde. Si le fruit n’est pas bon et que le vin tourne à la piquette, que se passe-t-il ? Cela vient-il de ce que le cep est trop vieux et qu’il faut le changer, ou cela vient-il du fait que les sarments ont été mal taillés, sucent la sève et ne donnent pas de bon fruit ? D’une manière générale, en ce début de siècle, on a tendance à croire que les idées forces qui animent la vie sur terre depuis 2 000 ans sont dépassées, que le cep est trop vieux et qu’il faut le changer. On prétend que le Christianisme a fait son temps  et  qu’en entrant dans l’ère du verseau il doit faire place à de nouvelles spiritualités.

Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage, qui veut refuser l’Évangile prétend qu’il est illisible, qui voit la paille dans l’œil des autres ne perçoit sans doute pas la poutre qui est dans le sien. Comment donner du sens à sa vie si on est incapable de s’orienter soi-même ?

L'Évangile que nous reconnaissons comme étant Parole de Dieu  est à notre disposition pour nous aider à nous remettre en cause, pour rejeter ce qui est nocif, pour refuser ce qui n’est pas porteur d’espérance. C’est ainsi qu’il nous est suggéré de trouver dans l’Écriture ce qui est pouvoyeurr de fruit et de rejeter le reste. Si quelque chose ne va pas, c’est en nous qu’il faut le chercher et non pas dans le cep qui nous abreuve de sève.

raisins et autres fruits de Vincent Van Gogh
Le fruit que nous sommes sensés produire, le vin nouveau  qui abreuve le monde, c’est l’amour que nous avons en nous-mêmes et qui doit motiver toutes nos relations avec les autres. Si le monde manque d’amour aujourd’hui, et il manque d’amour, ce n’est pas la faute de Dieu qui nous prodigue aujourd’hui comme toujours le même évangile.

Si les choses vont mal c’est que les hommes ne savent plus aimer et quand les hommes ne sont plus capables de s’aimer les uns les autres, ils s’oppriment entre eux, ils violentent les plus faibles pour les déposséder de leurs biens. C’est à cause du manque d’amour que la moitié du monde vit au détriment de l’autre moitié. C’est à cause du manque d’amour que ceux qui ne sont pas esclaves s’arrogent le droit d’opprimer les autres et de les rendre dépendants. Ce qu’il y a de consternant c’est que ceux-là ne s’aperçoivent même pas  de ce qu’ils font et sont portés à croire que le monde entier leur ressemble. Curieusement, l’Évangile a été prêché jusqu’aux extrémités du monde et l’amour n’a pas suivi. S’il faut à nouveau tailler la vigne, il faudra savoir quels rameaux doivent être taillés et à quelle hauteur ils doivent l’être. « Heureux ceux qui écoutent ma parole et qui la gardent dit le Seigneur. »

mercredi 4 avril 2012

Jean 10: 11-18



Le Bon berger - Jean : 10/11-18 - dimanche 29 avril 2012

11 C'est moi qui suis le bon berger. Le bon berger se défait de sa vie pour ses moutons. 12 Quand il voit venir le loup, l'employé, celui qui n'est pas berger et pour qui il ne s'agit pas de ses propres moutons, s'enfuit en abandonnant les moutons. Et le loup s'en empare, il les disperse. 13 C'est un employé : il n'a pas le souci des moutons.

14 C'est moi qui suis le bon berger. Je connais mes moutons, et mes moutons me connaissent, 15 comme le Père me connaît et comme, moi, je connais le Père ; et je me défais de ma vie pour mes moutons.16 J'ai encore d'autres moutons qui ne sont pas de cet enclos ; ceux-là aussi, il faut que je les amène ; ils entendront ma voix, et ils deviendront un seul troupeau, un seul berger.

17 Si le Père m'aime, c'est parce que, moi, je me défais de ma vie pour la reprendre. 18 Personne ne me l'enlève, mais c'est moi qui m'en défais, de moi-même ; j'ai le pouvoir de m'en défaire et j'ai le pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père.




Aucune échappatoire n’est possible pour les moutons. Ils sont malmenés par les bergers, menacés par les voleurs, convoités par les loups. Leur destin est réglé d’avance. Ce que l’Evangile ne dit pas mais que tout le monde sait, c’est qu’ils finiront mangés par les hommes pour les plus chanceux d’entre eux. Leur cause est entendue, on ne les élève que pour ça.

Bien évidemment nous buttons sur ce premier constat, car ce récit a été écrit pour que nous nous identifiions aux moutons. Une question nous vient tout naturellement à l’esprit, c’est celle de savoir si on peut échapper à son destin ? Comment vivre alors que la mort nous menace et peut-on d’une manière ou d’une autre lui échapper?


Comme les moutons, nous sommes environnés de tous les dangers et fatalement, comme eux nous devons mourir. Les moutons subissent leur sort sans broncher. A la différence des moutons, les tenants de l’espèce humaine n’acceptent pas leur destin. Ils espèrent pouvoir y échapper, ils pensent même que Dieu y pourvoira. Et curieusement, tout en espérant que Dieu les délivrera de la mort, ils l’accusent en même temps de vouloir leur propre mort en raison d’un décret divin qui trouve son origine dans la nuit des temps et qui fait que la mort est perçue comme la conséquence d’une faute jamais définie.

Depuis que le monde est monde, nous en sommes toujours là et rien ne semble vouloir faire évoluer les choses. Tout en mettant notre confiance en Dieu nous nous soumettons à un décret divin qui se résume assez bien dans l’affirmation selon laquelle « Dieu est celui qui fait mourir et qui fait vivre » (Deutéronome : 32-39). Bien que nous acceptions cette fatalité, nous ne pouvons quand même pas nous empêcher d'intenter un procès à Dieu parce que nous refusons de subir le sort de toutes les autres créatures. Il y a en nous comme l'idée que si nous avons foi en Dieu, et que s'il s'est révélé à nous, c’est parce qu’il a l’intention de nous réserver un destin particulier. Apparemment il n’en est rien.

Les uns se résignent en prétendant que Dieu fait toujours les choses pour notre mieux être. Ils s’accommodent de la situation sans comprendre. Et ils acceptent l'arbitraire de leur destin. Les autres élaborent des théories qui innocentent Dieu, mais le rendent impuissant à assumer notre avenir. En fait tous pensent que notre vraie relation à Dieu passe par la manière dont il joue un rôle dans le mystère de notre mort, comme si notre seule relation à Dieu était réglée par la mort. Et, c'est là que nous avons tout faux.

Cette longue méditation de Jésus sur le sort des moutons nous dit le contraire. Elle insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’échappatoire, les moutons comme nous-mêmes sont ainsi conçus qu’ils finissent tous par mourir. C’est alors qu’intervient un mystérieux berger qui revendique ses droits sur les moutons. Il s'oppose alors aux bergers salariés qui ont habituellement la charge des troupeaux. Ces bergers salariés n’ont aucune conscience professionnelle à l’opposé du mystérieux berger qui se laisse tuer plutôt que de laisser les brebis se faire tuer par les voleurs ou les loups. Il paye de sa vie en s’opposant à la fatalité d’une mort programmée. Il se conduit comme si la mort ne faisait pas partie de l’ordre normal des choses. On ne comprend pas cependant pourquoi la mort du bon berger devrait avoir pour conséquence la survie du troupeau.

C’est alors que se produit comme un hiatus dans le texte. Il se passe comme un glissement, on oublie subitement les moutons et les bergers et on passe sans transition à la relation de Jésus avec Dieu et avec nous-mêmes. Dieu est présenté comme Père. C’est à cause de son amour que notre vie semble préservée. Dieu le Père intervient comme celui qui a le pouvoir de contrarier le destin. Ce pouvoir s’exerce par l’action de Jésus Christ.

Comment ce mystère peut-il alors avoir lieu ? Il y a ici un non-dit, selon lequel Dieu n'a pas de lien avec la mort. Tout se passe comme si Dieu s'opposait aux lois de la nature selon lesquelles tout ce qui vit est appelé à mourir avant d’être transformé à nouveau en une autre forme de vie pour mourir à son tour, car il en est ainsi des cycles incessants de la nature. Dieu dans ce passage se propose de casser ce cycle et de proposer un changement des individus qui ne passe plus par la mort, car Dieu se refuserait d'avoir un lien quelconque avec la mort.

Ainsi ceux qui appartiendraient au domaine de Dieu évolueraient sans réellement connaître la mort. Si celle-ci se produit tout de même, ce ne sera qu’une apparence, car en Dieu la mort n’a pas sa place. Bien évidemment les événements de l’existence ne semblent pas aller dans ce sens et nous avons du mal à partager une telle analyse.

C’est parce que les hommes ne comprennent pas les choses ainsi que Jésus s’est opposé aux idées reçues et les a combattues. Tout son enseignement, ses actions et ses miracles ont toujours plaidé la cause de la vie. Selon lui Dieu avait pour seul souci celui de préserver la vie à l'humanité. Là encore on n’a pas compris Jésus. Ses propos ont été considérés comme des blasphèmes contre Dieu. Il brossait le portrait d’un Dieu Père infiniment bon, toujours attentif à faire reculer l’échéance de la mort, et quand ce que nous appelons la mort survient, il propose une autre forme de vie.

Comme ses contemporains ne supportaient pas l’image de ce Dieu aimant qu’il nous proposait, ils ont provoqué la mort de Jésus pour le faire taire ! Mais c'est la vie qui l’a emporté sur la mort. Tué par la main des hommes il a conservé la vie par l’action de Dieu. Les évangiles en sont témoins, ils promettent à quiconque reconnaît que Dieu est le maître de la vie une vie semblable à celle de Jésus qui bien que mort persiste à vivre, car tout ce qui est en Dieu ne peut mourir.

Comme on ne peut s’opposer à l’évidence et comme on ne peut s’opposer à Dieu, force nous est donnée de construire désormais notre vie sur cette promesse selon laquelle la vie repose en Dieu. Tous ceux qui vivent aujourd’hui pourront voir leur propre vie se prolonger dans une nouvelle réalité à l’image de celle que l’Ecriture a retenue de Jésus après sa mort.

Nous devrions nous arrêter là, pourtant les hommes vivent les choses d’une autre manière. Comme toujours ils essayent de contrôler les mystères de Dieu et par voie de conséquence ils essayent de le limiter en le mettant en contradiction avec lui-même. Ils évoquent les écrits de Paul selon lesquels le salaire du péché, c’est la mort ! Pourtant Paul arrive aux mêmes conclusions que Jean, une vie sans fin s'ouvre devant ceux qui ont mis leur confiance en Dieu, seulement son développement ne suit pas le même chemin.

D’autres encore opposent des questions qui relèvent de la logique humaine : Qui a droit à la vie se demandent-ils ? Les pécheurs non repentis ou mal repentis, ceux qui nient l’existence de Dieu, et les incroyants, les athées et les incrédules auront-ils part à la vie ?

« J’ai d’autres brebis qui n’appartiennent pas à cette bergerie… » dit Jésus, comme pour dire : « mêlez-vous de ce qui vous regarde en n’empiétez pas sur le domaine de Dieu ». Dieu ne peut donner que la vie, pourquoi certains cherchent-ils à limiter son action en cherchant à écarter de la vie ceux qui ne correspondent pas à leurs propres critères ? Il n’y a pas de réalité sur Dieu dans la mort, toute réalité le concernant est forcément immergée dans la vie car il promet à tout son troupeau la vie en abondance.


Illustrations :Mosaïques de Ravenne


INTERCESSION


Vie et mort s'opposent comme angoisse et espérance.

Tu nous donnes vie pour que l'espérance s'empare de nous et pour que la mort et l'angoisse n'aient plus de prise sur nous.



Mais il y a encore bien des lieux sur terre où l'angoisse triomphe et bien des lieux où la mort prend le pas sur la vie.



C'est pour que toutes ces choses changent que nous formulons notre prière

- pour qu'elles changent partout où notre responsabilité personnelle est engagée

- pour qu'elles changent aussi là où elle ne l'est pas.

Nous voulons faire monter vers toi en les amplifiant :
Tous les soupirs des hommes exploités, tous les cris des enfants opprimés, tous les pleurs des femmes abusées.
Il y a tant de misères que nous ne connaissons pas et qui appellent un soulagement, mais nous ne pouvons les nommer devant toi parce que nous les ignorons. Ainsi, nous reconnaissons que les choses pourraient aller mieux si nous acceptions d'ouvrir les yeux sur le monde où nous sommes placés.

C'est pourquoi nous te demandons de faire toute chose nouvelle en nous pour que le monde aille mieux.



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