lundi 29 novembre 2010

Matthieu 1:18-25 naissance de Jésus - naissance du monde- 19 décembre 2010




18 Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit saint. 19 Joseph, son mari, qui était juste et qui ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la répudier en secret. 20 Comme il y pensait, l'ange du Seigneur lui apparut en rêve et dit : Joseph, fils de David, n'aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient de l'Esprit saint ; 21 elle mettra au monde un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. 22 Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit par l'entremise du prophète :

23 La vierge sera enceinte ; elle mettra au monde un fils

et on l'appellera du nom d'Emmanuel,

ce qui se traduit : Dieu avec nous.24 A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme chez lui. 25 Mais il n'eut pas de relations avec elle jusqu'à ce qu'elle eût mis au monde un fils, qu'il appela du nom de Jésus.

Il est des temps hors du temps. Il est une histoire hors de l’histoire. Il est une aventure inaccessible. C’est l’histoire de la goutte d’eau qui pour la première fois se met à vibrer de la vie qui va se manifester dans l’univers. Mettez-vous à la place de Dieu et essayez de songer à l’état d’esprit qui se trouvait être le sien. Cette apparition de la vie dans l’univers fut sans doute pour lui un instant d’immense émotion, semblable à celle qu’il éprouva au moment où Jésus vint au monde portant dans ses gènes tout le mystère de l’incarnation. Des milliards d’années avant la naissance de Jésus quelque chose s’était produit quelque part dans les eaux, au cœur de la planète qui n’était pas encore la terre et la vie avait surgi.

C’était une apparence, une chose indéfinissable, un protozoaire, peut être, qui pour la première fois se mit à se diviser de l’intérieur et devint matière vivante. L’événement n’a jamais été raconté et il n’y eut aucun témoin. On sait seulement que ça a eu lieu. On sait qu’après le fracas étourdissant que produisit l’onde de choc qui provoqua la naissance du monde, le Créateur retint son souffle pour que la vibration qui se propagea ne détruisit pas ce qu’il avait en tête de voir se réaliser.

C’est ainsi, nous est-il dit, qu’il y eut un soir et qu’il y eut un matin, ce fut le troisième jour, et personne n’était là pour contempler cette merveille, si non Dieu lui-même. Le Créateur qui avait ouvert l’histoire de l’univers par le fracas du big-bang, dont on ne peut pas imaginer la puissance, suspendait son souffle pour contempler une goutte d’eau toute frémissante de la vie qui était en train de se mettre à exister.

Le même miracle de la vie qui surgit là où cela paraît impossible s’actualise chaque année à cette même époque quand le monde entier suspend le cours de ses activités pour évoquer le mystère de Noël. Une fois encore nous nous redisons les uns aux autres que la réalité fragile qui porte la vie est habitée par Dieu. Nous revivons encore dans un même émerveillement ce moment unique où Dieu mêle sa divinité à l’humanité, comme jadis il avait mêlé son souffle créateur à l’apparition de l’ADN qui de proche en proche avait rempli, la terre de toutes les formes que peut prendre la vie.

A force de science et de patience, penchés sur leurs instruments et sur leurs ordinateurs, les hommes ont retrouvé les traces de l’histoire de la vie jaillie dans une goutte d’eau. Forts de leurs découvertes, au lieu de rendre grâce au Créateur, ils ont pris la grosse tête. Ils ont cru qu’en ayant découvert les secrets de l’origine de la vie, ils étaient devenus maîtres de la vie. Non seulement ils ont continué à en disposer à leur guise, ils ont continué à la supprimer là où elle les gênait. Ils ont cherché à la soumettre à leur volonté, ils s’en sont pris à son mode de transmission et de reproduction. Ils croient pouvoir encore faire évoluer la vie à leur guise sans se soucier de Dieu. Pourtant ils ont des doutes.

Dieu qui contemple tout cela n’en est pas surpris. Il sait que la goutte d’eau qui pour la première fois a porté la vie avait en germe cette prétention de la créature vivante à supplanter son créateur. Le génie humain qui allait se mettre en ébullition au soir du sixième jour de la création était déjà conçu par Dieu pour se révolter contre son Dieu afin de trouver dans l’accomplissement de sa révolte le sens de son destin. En effet dans l’esprit de Dieu tout cela avait du sens et de la cohérence.

Il m’ a semblé nécessaire aujourd’hui de retourner si loin dans le passé car, il fallait rappeler qu’il n’y a pas dans l’histoire du monde d’événement plus important que l’histoire de cette première goutte d’eau et l’histoire de la naissance de Jésus. L’une fait suite à l’autre à des milliards d’années d’intervalle. Le monde mettait en œuvre ce que Dieu avait décidé. Dans un premier temps il s’agissait de provoquer le jaillissement de la vie dans l’univers et dans un deuxième temps il s’agissait pour Dieu de venir s’installer au cœur de l’humanité. Toutes ces choses compliquées, la Bible nous les redit avec une simplicité naïve dans les récits de la nativité.

- Tout nous est dit sur le projet de Dieu qui vient habiter l’humanité. C’est le récit de la vierge devenue mère qui nous en rend compte.

- Tout nous est dit sur la fragilité de l’existence et sur les menaces de mort qui planent sur la vie à peine éclose. C’est ce que nous découvrons dans le comportement du roi Hérode qui arme ses soldats pour tuer un enfant. Il confirme par son geste l’arrogance de ceux, qui arrivés au faîte du pouvoir le confisquent à leur profit.

- Tout nous est dit des combats que livrent les hommes à Dieu pour lui ravir ses secrets. Nous le repérons en contemplant les savants de Jérusalem qui consultent les écrits, compulsent la Torah, vérifient les Ecrits pour repérer que Dieu a choisi la petite ville de Bethlehem pour s’incarner

- Tout nous est dit de la tranquille assurance avec laquelle Dieu contrôle les puissances hostiles et déjoue les comportements du malin. C’est pour cela que les anges entrent en action, que Joseph écoute et obéit et que tout se passe conformément à ce qui avait été dit.

- Tout nous est dit sur l’espérance offerte à tous les hommes. Mages et bergers, tous sont là pour entendre et rapporter tout ce que l’humanité est en droit d’espérer.

Malgré cela, le monde continue à fonctionner comme si cette histoire n’était qu’une fiction, et comme si le récit de Noël n’était qu’un conte pour enfants. Nous avons du mal à comprendre que Dieu vient au plus intime de la réalité humaine pour la transformer en une réalité divine. Nous n’arrivons pas à croire que Dieu en intervenant dans l’humanité transforme notre destin à tout jamais et nous avons du mal à croire que l’éternité fait désormais partie intégrante de notre avenir. Nous avons du mal à admettre que notre destin n’est pas lié aux promesses d’un progrès humain illimité mais à la certitude que Dieu habite dès aujourd’hui notre vie. Si nous ne savons pas ce que signifie ce mystère nous devons cependant réaliser qu’il est l’aboutissement de la création et que Dieu a prévu que nous soyons concernés. Tout se tient dans ces deux événements où Dieu crée la vie et où ensuite, il vient lui-même habiter la vie.

L’enfant qui naît à Noël n’est que l’enfant d’un jour. Il provoque notre émotion et nous rend conscients de notre vulnérabilité. Nous comprenons au contact de son histoire que si les moutons qui l’entourent dans la bergerie sont inoffensifs, il y a cependant des loups dehors qui tel Hérode cherchent à se nourrir de la vie des autres. Le monde est un monde où les pouvoirs s’affrontent, les vaincus disparaissent et les vainqueurs deviennent plus forts, mais disparaissent à leur tour, vaincus par plus forts qu’eux. C’est la loi du genre. Mais Dieu ne s’y résigne pas.

En effet, si nous cherchons la vérité il faut la chercher ailleurs que dans les faits marquants de l’histoire des hommes. En se révélant dans un enfant Dieu nous apprend que la vérité reste invisible aux yeux des puissants et que même les savants ne la voient pas. L’enfant a grandi et la vérité sur Dieu est devenue plus pertinente à mesure qu’il se développait et qu’il enseignait.

Nous découvrons dans ce qu’il a dit que Dieu dépose dans tous les hommes, , un ferment d’éternité. Il ne peut se développer que si la sauvegarde de la vie prend le dessus sur toutes les activités humaines. C’est en valorisant la vie de ceux avec qui nous sommes en contact que l’éternité pourra jaillir en nous, par une osmose subtile entre Dieu et nous. L’éternité n’est pas une valeur abstraite sur laquelle nous pouvons disserter sans fondement. Elle fait partie de l’espérance et nous ne pouvons y accéder que si nous la recevons de Dieu quand il nous met en relation avec nos semblables. Pour entrer dans l’éternité, il nous faut donc deux partenaires, Dieu et nos frères en humanité.

Comme au lendemain du big-bang, Dieu observe l’humanité et la regarde évoluer. Tout dépend désormais pour chacun de nous de l’approche qu’il aura de son prochain. S’il l’exploite et cherche à le dominer, en dépit des apparences son existence sera privée de sens. Il risquera de passer à côté de l’éternité sans s’en rendre compte. Par contre s’il trouve de l’intérêt dans sa propre vie en mettant en valeur la vie des autres, il sautera à pieds joints dans l’éternité sans même le savoir.. Les apparences restent donc trompeuses, les succès illusoires, ce qui compte pour Dieu, c’est qu’au contact de l’enfant qui est né à Noël nos vies s’identifient à la sienne au point que l’éternité qu’il s’est acquise devienne notre éternité.

jeudi 25 novembre 2010

Matthieu 11:2-11 Es-tu celui qui doit venir? dimanche 12 décembre 2010




2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Et il envoya dire par ses disciples : 3 Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? 4 Jésus leur répondit : Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : 5 Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! A leur départ, Jésus se mit à dire aux foules, 7 à propos de Jean : Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? 8 Mais qu'êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu somptueusement ? Mais ceux qui portent des vêtements somptueux sont dans les maisons des rois. 9 Qu'êtes-vous donc allés (faire) ? Voir un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète. 10 Car c'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi. 11 En vérité je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Par J.B. Tiépolo

Nous  nous approchons irrésistiblement de ce temps de Noël où le monde, se donne à espérer. On espère, le temps d’une nuit, que toutes les promesses des prophètes vont se réaliser. C’est alors que l’obscurité qui nous entoure paraît moins épaisse et qu’une  étoile vient guider sûrement les pas d’étranges voyageurs. Ils viennent sur le devant de la scène du monde abandonner joyeusement fortune et pouvoir alors que la nuit se referme sur l’oubli de leur passage. Tout se passe comme si le renoncement à la notoriété, à la fortune et au prestige pouvait se faire simplement et naturellement. Tout en nous comblant d’espérance, cette évocation du passage des mages nous permet de penser que toutes les choses que nous contestons dans ce monde pourraient être améliorées si on y mettait un peu de bonne volonté. Nos cœurs trop durs s’attendrissent alors, et notre âme se prépare à accueillir son Dieu.

Mais ne brûlons pas les étapes. La lecture de ce jour nous propose de croiser les pas de Jean Baptiste qui nous invite à partager sa colère contre tous ceux qui conduisent leur vie à contre courant de ce que Dieu souhaite.

Le personnage de Jean dit le baptiste est fascinant. Nous le rejoignons dans sa prison où il se pose les questions fondamentales de sa vie. Il s’interroge sur Jésus et se demande s’il est celui qui devait venir pour permettre aux hommes d’être plus proches de Dieu. Il se demande s’il va répondre à son attente et à notre attente.

Mais qu’attendons-nous en vérité ? Qu’attendent de Dieu les hommes qui espèrent en lui ? Ils espèrent des réponses claires. Ils attendent que Dieu les distingue parmi les autres et les favorisent dans la vie en leur permettant une existence meilleure que celle que la société leur réserve. Ils attendent que Dieu bouscule leur réalité quotidienne en mettant devant eux une espérance concrète. Depuis les jours de Jean baptiste, nous attendons toujours la même chose, mais la réalité d’aujourd’hui ne semble pas plus évidente que la réalité d’hier. Pourtant Jean baptiste semblait sûr de son fait !

Il avait senti venir de loin ce changement tant espéré. Il en avait trouvé l’annonce dans les discours des prophètes de jadis dont le message était conservé dans les Ecritures. Il avait tout abandonné pour prêter sa voix à Dieu afin de répéter ces messages d’autrefois qui avait conservé toute leur pertinence. Ces message étaient ceux que les foules attendaient puisqu’elles se précipitaient en masse dans les lieux déserts pour l’écouter, tant il est vrai que les hommes aiment se faire bousculer par des paroles provocantes. L’éloquence de Jean Baptiste dénonçait leurs péchés, étalait en public leurs forfaitures. Elle s’accompagnait en même temps de gestes de purification. L’espérance grandissait.

Le Messie pouvait donc venir. Ne l’avait-il pas reconnu dans cet homme, issu de sa propre famille qui était venu se faire immerger par lui dans le désert ? Depuis il avait entrepris une carrière de prédicateur comme lui, et il faisait des miracles. 

Maintenant Jean attendait la mort dans sa geôle sans avoir la preuve que tout cela venait de Dieu. Malgré les promesses qui lui parvenaient de l’extérieur, il restait enfermé et oublié. Le tyran était toujours au pouvoir et malgré les belles paroles de Jésus rien de nouveau ne se passait vraiment. Le changement annoncé se faisait dans la continuité. Autant dire qu’il n’y avait pas vraiment de changement. Il y avait des conversions individuelles, mais la prise en main du monde par Dieu n’était toujours pas visible.

Depuis cette époque reculée, la présence de Dieu ne semble toujours pas visible. Jésus a prêché un Evangile dont les termes, aux dires de beaucoup, sont révolutionnaires, mais rien n’a changé. Comme Jean, Jésus mourra martyr ! Rien ne changera pour autant. Sa résurrection proclamée par tant de croyants ne semble pas avoir changé grand chose au cours de l'histoire. Y a-t-il alors quelque chose que nous n’avons pas compris ? 

Que cherchaient les foules en allant au désert pour se faire baptiser? Espéraient-elles que le  comportement de Dieu allait changer?  En fait l’homme peut-il  provoquer un changement quelconque  en Dieu ? Sans doute ont-ils tous cru pouvoir faire pression sur lui par leurs gestes de repentance pour que Dieu se décide à changer la société. Ils espéraient que Dieu allait faire le travail à leur place !

Jean dans sa prison devait penser que sa vie avait été un échec et que sa foi en Jésus avait été un leurre ! C’est aussi ce que pensent encore aujourd’hui, ceux qui rangent Jésus parmi les philosophes et qui font de lui un sage inspiré, en refusant de croire que c’est en tant que témoin de Dieu qu’il parlait et qu’il agissait. C’est pour cela que Jésus a déclaré de Jean qu’il était le plus grand des prophètes. Jean avait perçu que c’est le cœur des hommes qui devait se transformer s’ils voulaient voir un changement s’opérer du côté de Dieu, car c’est en Dieu que les hommes doivent puiser les idées généreuses qui leur permettront de changer le monde. Ces idées ils les trouveront dans les paroles de Jésus. La possibilité de les réaliser leur est donnée par l’Esprit de Dieu qui ne cesse de souffler sur chacun de nous.

Il  y a au cœur de chaque homme un capital de générosité qui demande à s’exprimer et à être mis en valeur. Mais cette entreprise ne peut être couronnée de succès que si Dieu en est le garant. Tant que les hommes essayeront de changer les choses sans chercher à être guidés par Dieu, leur entreprise tournera à l’échec. La réponse de Jésus à Jean Baptiste le confirme dans cette intuition. Il lui dit en substance que c’est bien la voix de Dieu qu’il a entendue à travers celle des prophètes et que c’est bien Dieu qui l’a guidé pour agir comme il l’a fait. Mais ce n’est pas Dieu qui l’a conduit en prison, c’est la dure loi des hommes, et s’il meurt ce ne sera pas le fait de Dieu. Mais en aucune façon son entreprise n’aura été un échec.

Chaque  génération de jeunes n’a-t-elle pas agi comme Jean Baptiste ? Chaque époque a vu se lever des jeunes gens aux idées généreuses, prêts à changer le monde. Ils ont toujours aimé à se vêtir de manière différente de celle des populations qui les entouraient, si bien que pour eux le vêtement de poil de chameau de Jean est devenu le blouson de cuir ou les chemises à fleurs. Leur nourriture elle-même était différente de celle de leurs parents comme le miel et les sauterelles le furent pour Jean qui devint leur devancier sur les chemins de la protestation et de la générosité. 

Leurs protestations véhémentes rejoignaient celles de Jean. Puis déçus du manque de suite dans leur affaire, ils s’enferment eux-mêmes dans la prison de la bonne société qu’ils rejoignent en se demandant pourquoi leurs idées n’ont pas portées de meilleurs fruits. La question qu’ils devaient et qu’ils doivent encore se poser est la même que celle de Jean. Où était Dieu dans leur entreprise ? 

A  tous ceux qui rêvent de changer le monde, Jésus apporte une réponse que beaucoup récusent. Le changement commence par le changement de soi-même par une descente dans notre fort intérieur pour y rencontrer Dieu qui y mettra certainement en cause notre vanité, notre égoïsme, notre manque d’amour.

Cette  remise en cause de nous-mêmes nous amène invariablement à découvrir Dieu sous un autre aspect. Son amour modifie notre vision des choses et si nos idées généreuses ne sont pas suivies d’effet, elles ne sont pas forcément le signe d’un échec. C’est là l’effet de la dureté du cœur des hommes au milieu desquels Dieu nous demande d’apporter la contradiction qui est la base sur laquelle il construit son Royaume. Cela, nous devons le faire maintenant avec le renoncement à soi pour instrument et l’amour pour les autres comme matière première.
 
Ainsi se confirme la grande espérance qui jaillit des récits de Noël. Rejoignons les mages que nous évoquions en commençant ce propos. Le récit de leur aventure qui nous est parvenu est largement légendaire. Il a été forgé par des générations de croyants dont l’Evangile de Matthieu n’a retenu qu’une petite partie. On en a fait des rois, qui ont abandonné, leur fortune pour repartir tout joyeux, délestés de leur puissance, vers un autre destin. Dieu les a guidés dans la nuit des hommes par une petite étoile que l’on cherche encore. C’est cette même étoile qui conduira chacun de nous à renoncer à lui-même pour construire son destin et édifier avec Dieu son royaume qui vient.

jeudi 18 novembre 2010

matthieu 3:1-12 prédication de Jean baptiste dimanche 5 décembre 2010





Matthieu 3 :1-12.


Prédication de Jean-Baptiste
1 En ce temps-là parut Jean-Baptiste, il prêchait dans le désert de Judée. 2 Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. 3 C'est lui dont le prophète Ésaïe a dit : C'est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur Rendez droits ses sentiers.
4 Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. 5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain, venaient à lui, 6 et ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain en confessant leurs péchés.
7 Comme il voyait venir au baptême beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens, il leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? 8 Produisez donc du fruit digne de la repentance ; 9 et n'imaginez pas pouvoir dire : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. 10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 1 1Moi, je vous baptise dans l'eau, en vue de la repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de porter ses sandales. Lui vous baptisera d'Esprit Saint et de feu. 1 2Il a son van à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas.
Voir aussi Esaïe 11/1-10,
« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers »
Prenant le relais de la voix d’Esaïe, Jean Baptiste crie à son tour. Cela sonne comme une longue complainte qui d’écho en écho traverse toute l’Ecriture pour clamer la colère de Dieu sur son peuple rebelle. C’est un peuple à la nuque raide, il est lent à comprendre et à croire, il est incapable de se repentir. Combien de prédicateurs avant moi n’ont-ils pas voulu prendre à leur tour le relais de ce cri pour remettre en état de marche, des églises assoupies, des paroisses confortablement installées dans leurs habitudes et provoquer en elle un sursaut de réveil ?
Tels Jean Baptiste, combien de prédicateurs ne  se sentent-ils pas mandatés par Dieu pour semoncer son peuple et ramener ses brebis au bercail ? Les grands prédicateurs de tous les temps ne se sont pas privés de fulminer contre l’apathie du peuple des croyants qui consomment du religieux au lieu de vivre la précarité de la foi!
Oserai-je aujourd’hui leur emboîter le pas et les imiter en usant des prérogatives que tant d’autres avant moi se sont appropriées? Ce serait d’abord discourtois de ma part et d’autre part se serait contraire, me semble-t-il à l’Evangile lui-même. C'est ce que je vais tenter de vous expliquer. Pourtant ces sermons que l’on qualifie de musclés ne sont pas sans efficacité, en particulier celui de Jean Baptiste. L’Evangile du jour nous montre les foules se précipitant dans le désert pour se faire tancer par lui.  Aujourd’hui encore, c’est un style utilisé par certains prédicateurs qui promettent des catastrophes aux infidèles et ce faisant font salle comble. Un tel procédé assure sans aucun doute une rentabilité certaine à leur communauté. Mais si de telles prédications font le succès des sectes elles ne sauraient faire le succès des églises car l’Evangile n’y trouve pas son compte. Il est fait de douceur et d’amour et non d’invectives et d’admonestations.

Alors me direz-vous, pourquoi Jean Baptiste et pourquoi pas les prédicateurs d’aujourd’hui?
Pour une seule et bonne raison, c’est qu’à partir de Jésus, la révélation de Dieu s’est inscrite dans un autre discours. Il a proposé un autre mode de relation à Dieu.  On est passé de la Loi à la Grâce. Avec Jean Baptiste s’achève l’ultime tentative d’un prédicateur pour amener les hommes à la foi en annonçant la colère du Dieu tout puissant offensé par le péché des hommes: « cessez d’être rebelles à Dieu leur disait-il, sans quoi Dieu ne pourra plus continuer à être votre Dieu, et vous mourrez certainement ».
Après Jean Baptiste, Jésus proposera un autre défi. Le changement n’est plus à chercher chez l’homme qui s’y refuse, mais c’est le mode de relation à Dieu qui va changer. Dieu accepte de rejoindre les hommes dans leurs soucis, il accepte même de passer par la mort pour les rejoindre. Ce n’est pas que Dieu ait changé, il reste le même, mais il propose aux hommes de le rejoindre d'une autre manière. Les prophètes avaient bien essayé, jadis de dire les choses autrement, mais ils n’avaient pas été écoutés. Il faudra toute la persuasion de Jésus pour que les choses changent vraiment.
Alors, une dernière fois, Jean Baptiste fait retentir la voix de la colère de Dieu. il tonne contre tout ce qui fait entrave à sa majesté, il fustige les clercs, il admoneste les pécheurs, tous sont saisis. Mais c’est une forme de baroud d’honneur.
Jésus va nous proposer de regarder Dieu d’une autre façon. Dorénavant les choses vont se mettre à changer très vite. Il ne lui faudra que 3 petites années pour que tout ce qui était pressenti et annoncé par les prophètes avant lui prenne corps. Car les prophètes, tel Esaïe lui-même avaient parfaitement compris. Il avait pressenti que Dieu préparait une lente révolution dans le cœur des hommes, et qu’un changement d’attitude de la part de Dieu, devait se produire. C’est à partir du changement que Dieu a choisi  dans son mode de manifestation que les hommes allaient changer  à leur tour.
Une conversion était nécessaire. Il s’agissait d’une double conversion : conversion de Dieu et conversion des hommes. La conversion de Dieu consistait à ne plus se présenter dans sa majesté comme le maître de tout et le créateur de tout. Dieu renonçait à sa toute puissance extérieure et attendait désormais, que l’homme le reconnaisse sous un autre aspect. Dieu se présente alors sous les traits de celui qui est compatissant et qui ne peut être reconnu que par la manifestation de son amour. Quant à l’homme, sa conversion consistait désormais à ne plus redouter la colère de Dieu et à ne plus chercher les actes visibles de sa toute puissance, mais à le reconnaître dans les actes d’amour qui modifient les comportements des hommes entre eux.
L’amour deviendra alors le point commun de la rencontre entre Dieu et l’homme. C’est en le partageant qu’ils se reconnaîtront l’un et l’autre. Par amour, Dieu introduit l’homme dans sa souveraineté et dans son éternité et par amour, l’homme renonce à tout ce qui l’attache à la vanité et accepte de partager l’éternité de Dieu.
C’est ce qui se passe depuis 2 000 .ans. Dieu a cessé de manifester sa colère légitime et a entrepris de renoncer aux signes apparents de sa divinité. Le feu tombant du ciel sur les infidèles, promis par les prophètes pour détruire l’humanité,  est devenu le feu de l’Esprit; qui descend en chaque homme, le pénètre jusqu’au fond des entrailles et allume en lui le désir de s’unir à son Dieu dans un acte d’amour éternel. L’homme achève alors son parcours sur terre en une osmose d’amour avec son Dieu.
Ainsi se prépare Noël. Le divin se fait humain. Dieu renonce à lui-même et à sa divinité et devient homme. En Jésus il entre totalement dans l’abandon de soi en manifestant l’amour sans limite qu’il éprouve pour chaque humain. Défilent alors devant lui, prostituées, enfants, vieillards, scribes, pharisiens soldats, publicains, juifs, samaritains, païens, riches, pauvres, infirmes et même défunts. Tous  se retrouvent dans une même relation d’amour, dans une égalité de sentiment. Le péché cesse d’être un élément de rupture entre Dieu et l’homme.
Pour accomplir alors son parcours d’humanité, Dieu accepte la mort, renoncement suprême à lui-même. Il rencontre alors l’humanité dans son ultime destin. Elle se trouve elle-même transformée par le divin qui la visite. Le néant n’y résiste pas, et le néant devient éternité. C’est alors que l’homme peut se dire sauvé. Il est sauvé quand il se met à croire que tout cela est vrai.

jeudi 11 novembre 2010

Matthieu 24:37-44 - Tenez-vous prêts dimanche 28 novembre 2010


37 En effet, comme ont été les jours de Noé, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. 38 En effet, aux jours qui précédèrent le déluge, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; 39 et ils ne se doutèrent de rien jusqu'à ce que le déluge vienne et les emporte tous ; il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme. 40 Alors, de deux hommes qui seront aux champs, l'un sera pris et l'autre laissé ; 41 de deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée.

42 Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.
43 Sachez-le bien, si le maître de maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne permettrait pas qu'on fracture sa maison. 44 C'est pourquoi, vous aussi, soyez prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas.



Ce n’est pas parce que la morosité donne le ton à notre société que ce sermon sur la fin des temps doit en rajouter et que de ce fait votre pessimisme s’en trouve accru. Au contraire, même si le ton de ce texte est provocant, il nous assure de la présence de Dieu dans l’avenir. Et là où se trouve Dieu, là se trouve également la vie et l’espérance. Donc soyez en sûrs, nous sommes en de bonnes mains. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Naturellement, comme à son habitude, Jésus nous provoque pour mieux guider notre réflexion.  Il énumère donc les lieux communs que nous avons l’habitude d’échanger dans ce type de réflexion. Que se passera-t-il au soir du grand soirs nous demandons-nous ? Serons-nous tous emportés par la vague d’un tsunami meurtrier comme ce fut le cas lors du déluge biblique. Serons-nous brusquement tirés de notre sommeil par un tremblement de terre, si bien que l’un sera pris et l’autre laissé ? Serons-nous surpris au milieu de nos activités quotidiennes par une catastrophe que nous avons de la peine à imaginer ? Nous revoyons mentalement des avions percuter des tours jumelles ou un volcan faisant irruption là où on ne s’y attend pas. Chacun se fabrique son « Apocalypse Now » en version perso !
Arrêtons-nous là, car ce n’est pas la bonne méthode d’ imaginer, l’inimaginable. Tous ces comportements ne relèvent que du fonctionnement d’une « machine à se faire peur » qui est bien rodée et qui a déjà fonctionné de nombreuses fois. Un seul mot suffit à Jésus  pour arrêter son fonctionnement maléfique : Veillez !

Veillez  sur qui ? Veiller sur quoi ? , Encore faut-il savoir ce qu’il faut entendre par ce terme de « veiller », car il y a plusieurs manières de veiller. Il y a la bonne et il y a la mauvaise. Il y a celle qui consiste à se mettre en état d’alerte permanent comme si nous étions continuellement menacés par un risque imminent. Nous prendrions alors pour référence l’attitude du veilleur juché sur le rempart, une paire de jumelles dans les mains, l’œil rivé à l’œilleton fixant l’horizon et guettant le nuage de poussière annonçant l’arrivée des tartares, tels les veilleurs de jadis aux confins des steppes orientales. Plus proche de nous, nous pensons aux veilleurs du Moyen Age une crécelle à la main traversant la cité pendant la nuit et annonçant à chaque carrefour, aux habitants de la cité endormie qu’il ne se passe rien. « Tout est calme dormez en paix bonnes gens! »

Ces  méthodes habituellement pratiquées et confirmées par la tradition consistent à déterminer au bon moment ce qui va se passer. C’est une méthode passive et attentiste. En matière de fin des temps, cela ne changera rien. Un tel état d’esprit consiste seulement à maintenir l’angoisse. C’est la mauvaise méthode.

Il  y a  donc, forcément une autre méthode de veiller. Au lieu d’attendre que l’événement se produise et d’être prêt au moment où il se produira, il s’agit d’agir pour que l’événement ne se produise pas. C’est une méthode constructive de l’avenir qui organise à l’avance les temps qui viennent pour qu’ils soient plus heureux et que les catastrophes redoutées ne se produisent pas. C’est la méthode de la mère de famille qui veille à ce que ses enfants soient bien éduqués  afin qu’ils puissent  construire leur existence future pour qu’elle soit heureuse. Il s’agit pour elle  de veiller d’une manière active. C’est la bonne méthode et elle fonctionne aussi pour les situations proposées pour la fin des temps, et nous allons le voir c’est celle que Jésus préconise.

Depuis  longtemps, nous avons tendance à imaginer une fin des temps tragique, comme si Dieu avait décidé de tout détruire dans un geste de colère en précipitant le monde dans un anéantissement général qui verrait son retour au chaos primitif, tout en préservant un avenir heureux à un certain nombre d’élus qui auraient trouvé grâce auprès de lui. Mais ça ne marche pas comme cela !

Pour  se faire comprendre Jésus sollicite notre intelligence. Il faut donc que nous réfléchissions avant de réagir. Il commence son  propos en évoquant l’épisode de l’arche de Noé. Il raconte l’histoire en s’arrêtant avant la fin au moment où l’humanité est engloutie dans les flots, non pas parce qu’il ne sait pas comment finit l’histoire, mais parce qu’il sait que nous savons la fin. Il nous laisse le soin de nous en souvenir. Il ne raconte donc pas l’épisode de la colombe et du rameau d’olivier, il ne nous raconte surtout pas l’épisode de l’arc-en-ciel et du repentir de Dieu et de sa promesse de ne plus chercher à détruire l’humanité, car c’est  sur ce point que réside notre compréhension de l’avenir.

La  fin catastrophique du monde ne se fera donc pas sur une décision de Dieu. Les textes des Ecritures en sont les garants. Depuis ce jour de Noé jusqu’à notre temps, nous devons être persuadés que Dieu n’a pas programmé une telle fin au monde. Si l’Ecriture parfois semble dire le contraire, c’est pour mieux nous inciter à veiller sur la manière dont nous construisons l’avenir afin que les hommes ne fassent pas ce qu’ils reprochent à Dieu d’avoir l’intention de faire. C’est l’homme qui est dangereux pour l’avenir et pas Dieu.  Quand Jésus nous demande de veiller, c’est qu’il fait appel à notre esprit de responsabilité. Il nous  en fait un impératif absolu pour construire l’avenir. Nous sommes responsables de la tournure que prennent les événements et nous ne devons pas attribuer à Dieu la responsabilité de notre manque de vigilance.


C’est là une injonction faite aux églises pour qu’elles sachent rendre perceptible dans leur programme le message qu’elles ont à donner au monde. Elles  doivent sans cesse rappeler les règles de bases en fonction desquelles le monde pourra se construire harmonieusement. Ces règles sont simples et nous les connaissons. L’avenir ne peut se construire que sur la justice, le partage et la fraternité. Si ces éléments simples sont respectés l’avenir s’ouvrira sur un destin heureux et se construira selon le souhait de Dieu. Nous devons aussi reprendre ces principes à notre propre compte afin que tous les humains qui vont et viennent sur la planète sachent dans quelle direction ils doivent orienter leurs pas.

Fondés sur cette espérance, nous ne devons pas hésiter à dénoncer les slogans des sociétés contemporaines qui préconisent  l’accumulation des richesses tout en sachant que tout le monde ne pourra en profiter. Ces slogans contribuent à déséquilibrer les relations entre les hommes au risque de faire monter la haine et les conflits de demain. Il sera alors mal venu et contraire aux promesses de Dieu de prêcher la résignation en disant que  c’était prévu par Dieu.

Chaque  jour qui se lève doit être considéré comme un nouveau commencement. Chaque jour qui se lève voit naître des enfants qui demain seront des adultes dont nous devons structurer l’espérance. Chaque jour voit apparaître des inventions nouvelles, pour lesquelles nous devons veiller à ce qu’elles soient développées seulement dans le but  de construire un mieux être pour l’humanité tout entière. C’est pour tout cela que notre vigilance doit être tenue en éveil afin que l’harmonie entre les êtres soit le seul mobile qui préside aux destinés de notre humanité.

Dieu a mis l’espérance à notre disposition. Elle ne peut se ressourcer que dans les Ecritures et s’appuyer sur cette promesse selon laquelle Dieu fait toute chose nouvelle. Notre vocation de croyant est de veiller à rendre  visible la nouveauté de Dieu dans tout ce que les hommes cherchent à entreprendre.

dimanche 7 novembre 2010

Luc 24: 36-49 La résurrection - novembre 2010


Après avoir parcouru pendant de longues semaines l'Evangile de Luc, il m'a paru important d'achever cette série de sermons sur l'événement de la résurrection. Je vous propose ce sermon qui est une réflexion toute personnelle et qui achève cette série de sermons


Luc 24 36-49 la Résurrection
36Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d'eux et leur dit : Que la paix soit avec vous. 37Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. 38Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi ces raisonnements s'élèvent-ils dans vos cœurs ? 39Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez ; un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. 40Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 41Comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? 42Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. 43Il le prit et le mangea devant eux.
44Puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous ; il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. 45Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Écritures. 46Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait d'entre les morts le troisième jour 47et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem. 48Vous en êtes témoins. 49Et [voici] : j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut.

La résurrection fait irruption dans notre vie comme une réalité qui s’empare de tout notre être et qui change radicalement notre relation à tout ce qui nous entoure. Elle procède d’une expérience spirituelle qui modifie notre relation à tout ce qui existe autour de nous. Cette conviction s’impose à notre esprit par l’action du saint Esprit qui lui fait prendre lentement de la réalité au rythme de nos réflexions et de nos méditations. C’est ainsi que la foi en le résurrection réussit à prendre place en nous.
Elle est parfois le résultat d’une provocation plus intense du saint Esprit qui nous bouscule et s’impose à nous comme si les portes de notre âme avaient été forcées par Dieu qui insufflerait en nous une force de vie nouvelle et inconnue. Il n’est pas étonnant si ceux qui font ce type d’expérience n’arrivent pas à faire la différence entre ce qu’ils vivent au plus intime d’eux-mêmes et ce qui se passe à l’extérieur de leur conscience. Nous trouverons par trois fois dans le livre des Actes, le récit d’une telle expérience que fit Paul alors qu’il avait fait une chute de cheval en se rendant à Damas. D’autres tel John Wesley fondateur du méthodisme font état d’expériences analogues.
Ces remarques nous aideront à comprendre comment, deux jours après la mort de Jésus, ses apôtres, ses amis et bien entendu les femmes qui lui étaient fidèlement attachées ont tous fait des expériences semblables. Ils ont commencé par éprouver une émotion intense qui s’est emparée de tous leurs sens et qui les a entraînés au plus profond d’eux-mêmes vers une réalité inconnue dont ils auront après coup beaucoup de mal à rendre compte. Paul dans la deuxième épître aux Corinthiens (1) raconte l’histoire semblable d’un homme qui fut élevé auprès de Dieu. « Est-ce dans son corps dit-il ou est-ce hors de son corps, je ne sais ? » Pourtant la réalité selon laquelle Jésus est vraiment vivant s’impose à leurs réticences. C’est alors la certitude de la résurrection qui domine toute leur aventure. Ils savent désormais que Jésus a traversé le mur de la mort, qu’il est maintenant mystérieusement vivant, et qu’il s’offre à leur amitié.
Dès qu’ils reprennent pied dans la réalité, c’est avec angoisse qu’ils font état de leur expérience. Ils ont un double sentiment de crainte. Son premier aspect se manifeste en eux comme le sentiment de s’être aventuré, malgré eux, dans un domaine qui ne leur appartenait pas mais qui n’appartenait qu’à Dieu. Ensuite, ils éprouvèrent  de la crainte de ne pas être cru en racontant ce qu’ils avaient vécu. C’est ce que disent les Evangiles. Il faudra que plusieurs fassent cette expérience, à commencer par les femmes, pour que la croyance en la résurrection  commence à s’installer dans le groupe des intimes de Jésus.
Il serait présomptueux de vouloir approfondir l’événement et de chercher des explications pour savoir pourquoi ce même phénomène s’est produit avec une telle intensité à ce moment là chez la plupart des intimes de Jésus. Il nous suffit de savoir que le petit groupe des témoins qui n’étaient pas des illuminés, ni des déséquilibrés a acquis la certitude que Dieu leur  garantissait qu’au de-là de la mort, il y avait une promesse de vie. L’acquisition de cette certitude devenait possible à quiconque était provoqué dans sa vie intérieure par l’Esprit de Dieu qui est toujours à l’œuvre dans le monde de ceux qui croient. Cinq cent frères firent cette même expérience nous précise le Livre des Actes, et la liste n’est pas close, bien entendu, puisque nous continuons à la faire.
Prudemment, les apôtres ont-ils décidé de mettre un terme à ces expériences pour éviter qu’on en rajoute et que l’on dise n’importe quoi au risque d’exagération, c’est pourquoi ils ont insisté sur l’événement de l’Ascension qui mettait un terme aux apparitions. Mais ce type d’expérience ne s’est pas arrêté pour autant. On en a seulement changé le nom. Désormais, on parlera « de conversion », c’est à dire d’expériences intérieures au cours desquelles les uns et les autres  découvrirent la vérité des Ecritures concernant la résurrection.Bien évidemment ces dernières expériences sont généralement moins fortes que celles décrites dans les Evangiles, mais elles produisent quand même le même effet. Il s’agit toujours d’une certitude qui s’installe à l’intérieur de nous-mêmes. On ne peut la vérifier par aucune expérience mais notre cerveau tient désormais pour acquis que la résurrection est un don de Dieu auquel on ne peut accéder que par la foi.
Les Evangiles relatent toutes sortes de récits concernant les apparitions du ressuscité. Ils ont pour particularité de provoquer l’incrédulité de ceux à qui ces événements sont relatés. Ils provoquent le doute chez de nombreux lecteurs contemporains, c’est pourquoi j’ai pris soin de dire que les manifestations du saint Esprit étaient toujours en vigueur et  qu’elles sont encore aujourd’hui les instruments par lesquels la foi se propage. Avant de faire une exégèse critique de ces textes, nous devons commencer par les aborder avec attention et respect, car ceux qui nous les ont transmis l’ont fait pour stimuler notre foi et nous aider à avancer sur le chemin de la connaissance de Dieu.
Le récit des expériences des premiers témoins de la résurrection ont été fixés par écrit au moins 30 ans après l’événement qu’ils relatent. Ils sont le produit d’une longue tradition que la première Eglise a mûrie jusqu’à ce qu’ils soient couchés par écrit par les auteurs des Evangiles. Ils ont rapporté ce qui a été vécu par d’autres qu’eux-mêmes et ils n’ont pas été témoins de ce qu’ils rapportent. Ils n’ont donc pas cherché à faire la différence entre les expériences intérieures des témoins et ce qu’ils ont réellement vécu. Ils ont simplement voulu, à partir de ces récits dire comment le Christ vivant s’était emparé de leur âme. Il leur était donc  impossible de faire la part des choses et ils n’ont pas cherché à le faire.
Les narrateurs ont sans doute rajouté des détails pour donner plus de vérité à leur récit. En agissant ainsi, ils ont peut être desservi la vérité. C’est sans doute le cas du texte qui nous intéresse aujourd’hui. Il nous est dit que Jésus s’était mis à manger du poisson grillé. Or le récit se passe à Jérusalem qui est loin du lac. Le poisson s’il y en avait devait être séché. Pour être frit, il fallait qu’il soit frais, opération sans doute impossible matériellement. Si nous considérons que c’est Luc qui est le narrateur et que Luc n’est jamais venu en Palestine, on comprendra aisément qu’il n’ait pas su localiser les lieux et qu’il croyait qu’à Jérusalem comme à Capharnaüm, il y avait à disposition du poisson frais.
Luc, en précisant ainsi la situation à cherché à répondre à la question selon laquelle Jésus n’était pas un fantôme. Mais en voulant trop bien faire, il a tout compliqué (2)
en suggérant que Jésus a mangé un aliment qui ne devait pas se trouver à Jérusalem.
La foi en la résurrection des premiers croyants ne nous a pas été  rapporté par les Evangiles pour provoquer notre émerveillement, mais pour accompagner notre réflexion sur le sens de la vie. Ils ont découvert 
par les expériences sur la résurrection qu’ils venaient de faire, que le projet de Dieu était de nous entraîner à considérer la vie comme une réalité à laquelle Dieu donnait une priorité absolue. Il nous invitait à lui donner la même priorité dans tous nos comportements.
Dieu nous mobilise pour que nous devenions ses agents au service de la vie. En nous faisant partager cette expérience il nous stimule pour que nous donnions priorité dans notre existence à tout ce qui donne de la valeur à l’existence humaine. C’est pour cela que Jésus a fait un si long enseignement sur l’amour du prochain, car l’amour est le seul moyen par lequel la vie prend priorité dans nos actions. C’est en aimant le prochain que celui-ci recharge sa vie en espérance. L’amour est sans limite nous dit l’Ecriture, c’est pourquoi il doit s’étendre jusqu’aux frontières de l’impossible. L’impossible allait pour Jésus jusqu’à prendre le visage de l’ennemi : « aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous persécutent »
Mais comment peut-on avoir des ennemis quand on est tout entier habité par l’amour de Jésus ? Désormais, ce n’est plus nous qui agissons mais le Christ porteur de vie qui est en nous !


1 : (2 Corinthiens 12 :2-3)
2 :J’ai déjà développé ce thème de Jésus ressuscité mangeant du poisson sur ce blog pour le 26 avril 2009 : Qui est responsable du désordre dans le monde ?

lundi 1 novembre 2010

Luc 23:35-43 - le Bon Larron dimanche 21 novembre 2010


Luc 23 :35-43
Le peuple se tenait là et regardait. Quant aux chefs, ils raillaient (Jésus) en disant : Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ élu de Dieu ! 36 Les soldats aussi s'approchèrent pour se moquer de lui et lui présenter du vinaigre 37 en disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! 38 Il y avait au-dessus de lui cette inscription : Celui-ci est le roi des Juifs.

39 L'un des malfaiteurs suspendus en croix blasphémait contre lui : N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous ! 40 Mais l'autre lui fit des reproches et dit : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ? 41 Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos actes ; mais celui-ci n'a rien fait de mal. 42 Et il dit : Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. 43 Jésus lui répondit : En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.

« Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne ! - Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ! »

Tout le mystère du salut se joue dans ces paroles ultimes qui unissent deux  hommes dans la mort en la rendant moins terrible. Elles ont un effet créateur et entraînent les deux condamnés dans l’éternité. Et nous sommes invités à les suivre, sans pour autant participer à leur supplice, mais en partageant avec eux cette immense espérance qui jaillit de ce texte et qui oppose un cinglant  déni à la mort qui s'est habillé d'horreur pour mieux nous désespérer. Ici pas de faute d’Adam à expier, pas de théorie du rachat, la simple parole qu’un supplicié adresse à un agonisant. La réponse débordant d’amour du second place l’autre qui ne s’y attend pas dans les mains de Dieu. C’est alors que tout est dit.

Une partie du voile   sur le mystère du salut vient d’être soulevée.  Nous rejoignons la foule qui sans le savoir encore participe à son propre salut. Nous nous tenons silencieux, à notre tour au-pied de la croix en espérant que la suite ne contredira  pas ce que nous sommes en train de comprendre.  Toutes les pensées sur la mort et le salut que nous avons jusqu'ici refoulées  se bousculent  dans notre esprit et trouvent une réponse aux questions qu'elles posent.

En  cet instant , où affluent à notre esprit toutes ces  impressions qui ont nourri notre espérance, nous  ne pouvons nous empêcher de faire le bilan de ce que nous croyons. Nous espérons que  notre vie n’aura pas été vaine et que notre passage sur terre aura été utile à quelques-uns. Nous osons même espérer davantage et nous nous demandons, peut-être inconsciemment ce qu’il y aura après notre vie et  même si, le cas échéant,  nous aurons part à cet après. Est-ce cela que les gens de la religion appellent le salut ?

Dans  le récit de la  crucifixion tel que le rapporte l’Evangile de Luc. Les témoins présents sont également habités par cette idée de salut, mais ils ne semblent pas  trouver  de réponse  dans l'événement qu'ils sont en train de vivre.  Les chefs du peuple insultent Jésus en disant  qu’il a sauvé les autres, pourquoi ne se sauve-t-il pas lui-même ? Les soldats qui vocifèrent crient la même chose et  un de ses compagnons de supplice tient les mêmes propos. Même ceux qui restent debout en silence  et qui ont cru au salut qu’il annonçait ressentent une émotion en constatant que le salut qu’ils ont pu espérer semble leur être refusé. La mort du condamné est en train d’anéantir pour eux, toute velléité de croire au salut.

Pour  les chefs du peuple cette mort est plutôt une bonne chose, car elle apportera un retour à l’ordre public.  Or,  pour eux, il ne peut pas y avoir de salut dans le désordre. Seule l’autorité en est garante. Ce sont eux qui s’arrogent le droit de penser juste et ceux qui pensent autrement sont considérés comme subversifs. En provoquant du désordre, Jésus ne pouvait être, selon eux, que subversif, il ne pouvait donc pas apporter le salut. Bien évidemment, les soldats, partisans de l’ordre tiennent le même raisonnement. Quant au condamné qui l’insultait,  il exorcise son échec, sa souffrance et sa haine par l’insulte, mais il ne croit pas lui non plus à un salut  quelconque.

La  foule, qui un jour à peut être cru au salut qu’il annonçait ne comprend pas, elle  se tient à l’écart, et attend. Elle ne dit rien, elle ne vocifère pas comme le fait habituellement la foule quand elle assiste à une exécution. En  fait, elle est témoin de quelque chose qui la dépasse car rien ici n’est normal. Les chefs du peuple, qui ont ordonné la peine,  se taisent.  Et  le peuple, avide de ces spectacles, et qui habituellement  manifeste bruyamment se tait. Tout se passe comme si cet événement, somme toute assez banal pour cette époque, allait changer quelque chose à la face du monde. La foule attend avons-nous dit, mais elle attend quoi ?

Sur  l’écriteau dérisoire suspendu à la croix, il est écrit : « celui-ci est le roi des juifs » L’autorité romaine s’est servie de cette exécution pour soumettre encore davantage le peuple juif opprimé. Cela veut dire qu’on ne tolère pas d’autre autorité que celle du pouvoir occupant. Depuis bien sûr, on a essayé de tirer profit de cette inscription. L’histoire et la tradition ont voulu renverser les valeurs. On a vu en Jésus un roi déconsidéré par les hommes mais accrédité par Dieu. Il est présenté comme la victime passive résistant à la violence humaine et portant sa victoire dans sa faiblesse. On a sans doute eu raison. La résurrection va cautionner cette interprétation en montrant que Dieu s’appuie sur les faiblesses du monde pour cautionner les forces apparemment dérisoires qui s’opposent à lui.

On  peut alors développer l’idée que pour être  agréés par Dieu, les représentants du pouvoir  doivent ressembler à Jésus et exercer leur autorité selon son Evangile. Ils devraient se ranger dans le camp des faibles, des pauvres et des démunis et  leur rendre justice. Ils devraient ressembler à ce roi dont Marie nous fait le portrait dans le Magnificat : « Il a fait descendre les puissants de leur trône, il a élevé les humbles et rassasié de bien les affamés, il a renvoyé à vide les riches … »

Nous comprenons bien que les fidèles de Jésus, après sa mort devront  veiller à ce que les souverains qu’ils reconnaîtront devront agir comme on vient de le dire et que la mort de Jésus inaugure une autre manière de gouverner. L’expérience nous a montré qu’une telle entreprise s’est avérée impossible et que ceux qui gouvernent aujourd’hui continuent à ressembler à ceux qui régnaient avant Jésus.  Alors, si rien n’a vraiment changé, en quoi tout  cela est-il porteur de salut pour nous ?

Nous ne savons pas vraiment. Nous comprenons d’autant moins que nous savons la suite, et que depuis des siècles cette suite dérange. Elle dérange parce que malgré tout ce qu’on en a dit, rien n’a changé. Certes nous pensons, puisque c’est l’usage et que la théologie officielle le dit, que dans cet événement,  Jésus est en train de nous sauver. Mais comme la foule, nous ne comprenons pas forcément ce que cela signifie.

En  effet, nous sommes accessibles aux grandes idées humanitaires, nous comprenons bien volontiers que Dieu nous invite à modifier les règles qui régissent le monde et à faire tout notre possible pour que les notions de partage et d’égalité soient la nouvelle règle de gestion des affaires. Certains parmi-nous sont prêts à descendre dans la rue et à faire la révolution pour que les choses changent, mais tout cela ne répond toujours pas à la question qui parcourt tout ce passage : qu’est-ce que le salut ?

Nous avons bien compris que c’est dans la relation de Jésus avec celui qu’il est d’usage d’appeler le « bon larron » que nous pourrons esquisser une réponse:

" Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne " dit-il à Jésus agonisant. Depuis le début de cette affaire Jésus n’avait pas bronché quand on l’insultait, il portait en lui l’empreinte de l’amour qui avait été la base de son enseignement.  Il avait élevé au rang de précepte divin  le respect de l’autre quel qu’il soit. Il essayait de finir comme il avait vécu en manifestant tout l’amour qui était en lui. Et à cause de tout cela, il ne disait rien.

Pas  de haine, abandon total de ressentiment ! Pouvait-il aimer davantage une humanité hostile qui se coalisait contre lui? La seule attitude possible était le silence. Au point où il en était, l’oubli de soi et le don de soi consistait à se taire, à ne pas se plaindre et à ne pas geindre.

C’est à ce moment là que son compagnon d’infortune a pu le rejoindre au plus profond de lui-même. Il se produit alors, un miracle sublime qui surgit de ce climat d’horreur et qui fait jaillir l’espérance du néant. La force d’amour qui habite Jésus se manifeste comme capable d’entraîner dans la vie, celui qui agonise avec lui. Alors que la mort est en train de faire son œuvre, la présence de Jésus réussit à entraîner son co-supplicié dans une nouvelle dimension de sa vie. Jésus réussit à créer en lui la certitude que l’amour qu’ils partagent en cet instant ne sera pas englouti dans la mort. Il est donc éviident que ce récit nous a été rapporté pour nous dire  que si  l'amour de Jésus a été capable  de mettre dans l'esprit d'un agonisant supplicié,  que la mort n'était pas au terme de sa vie, il en est et il en sera  de même pour nous.

Ce  n’est pas facile à comprendre, mais il me semble que le salut consiste à savoir que l’amour de Dieu, tel qu’il a été manifesté en Jésus est plus fort que la mort. La mort ne peut pas détruire en nous les marques d’amour de Dieu que Jésus y a déposées.

Est ce cela le salut ? Est-ce cela la vérité ? Est-ce cela la résurrection ? Il appartient maintenant à chacun de mettre à cet endroit  le mot que sa foi lui inspire.

Les images sont de Gustave Moreau