mardi 28 septembre 2010

Luc 8:1-8 La Parabole du juge inique dimanche dimanche 17 octobre 2010


La veuve importune Luc 18-1-8
Parabole du juge inique
1

Jésus leur dit une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier et ne pas se lasser. 2Il dit : Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et qui n'avait d'égard pour personne. 3Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : Fais-moi justice de mon adversaire. 4Pendant longtemps il ne voulut pas. Mais ensuite il dit en lui-même : Bien que je ne craigne pas Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, 5néanmoins parce que cette veuve me cause des ennuis, je lui ferai justice, de peur que jusqu'à la fin, elle ne vienne me casser la tête. 6Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le juge inique. 7Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tarderait-il à leur égard ? 8Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

***
Nous nous réfugions parfois dans la lecture de la Bible quand, fatigués du monde ambiant nous aspirons à autre chose que d’entendre les mesquineries quotidiennes qui ne manquent pas de nous  provoquer dans notre vie de chaque jour. Nous cherchons à élever notre âme dans des sphères plus spirituelles. Nous cherchons  aussi à puiser une nouvelle énergie dans la prière et le recueillement, avant de retourner vers le monde où Dieu nous envoie.
 
Cependant, aujourd’hui, nous ouvrons la Bible sur un passage qui nous emmène dans un monde pire que le nôtre. Nous y rencontrons un notable qui tourmente par son mépris une pauvre femme. Il commet ouvertement un délit qui, s’il le commettait chez nous  se devrait d’être plus discret sous peine de sanction. Mais discrète ou pas, une telle attitude est odieuse.  C’est hélas monnaie courante. Le fait que ce notable soit un juge rend la situation encore plus insupportable. La fonction du juge est de rendre la justice. Dans la société antique, plus que dans la nôtre, la justice est l ’apanage de Dieu. C’est lui qui au dernier jour jugera tous les hommes. C’est donc lui qui décidera de leur sort. Par son attitude détestable, ce juge jette le discrédit sur Dieu.

Dans  leur manière de rendre la justice, les juges humains essayent de ressembler à Dieu et de juger comme Dieu lui-même le ferait. Avec justice et équité. Sans doute chacun de nous pourrait citer des tas d’exemples où la justice rendue par les hommes n’est pas à la gloire de la justice divine. Mais quoi qu’il en soit la justice humaine essaye d’approcher autant que faire se peut de la justice de Dieu.

Notre histoire met en scène un juge dévoyé qui ne rend pas la justice et qui finit par céder aux instances de la plaignante parce que cette dernière l’importune. Bien que Jésus s’en défende nous pensons que Dieu parfois en fait autant ! En effet nous avons l’impression qu’il ne répond que très rarement à nos prières. Tous les affamés de la terre ne crient-ils pas vers lui jour et nuit, et il ne leur répond pas. Les Eglises et les associations prennent le relais et Dieu ne s’en soucie toujours pas. Les injustices augmentent et il semble ne pas en avoir cure. C’est le reproche que lui font ceux qui se détournent de lui en pensant qu’il se désintéresse des affaires des hommes. « Il n’y a plus de justice disent les uns », et les autres répondent en faisant écho : « il n’y a plus de Dieu. » C’est à cause de ces questions latentes que l’on se pose, que l’étude de ce texte devient intéressante.

Il nous replonge dans le monde auquel nous voudrions échapper : celui où les gens en place ne tiennent aucun compte des petits qui ont tant de mal à survivre. Ce monde ne s’améliore que trop lentement à notre gré et Dieu, malgré les beaux sermons que l’ont faits à son sujet y est souvent invisible. Pourtant, en commentant cette parabole Jésus prétend qu’à la différence du juge, Dieu fera prompte justice. Paroles en l’air semble-t-il, à moins que Jésus s’attende à ce que nous tenions notre sagacité en éveil et que nous nous l’ employions à  comprendre ce texte autrement que ce que nous venons de faire.

En  fait, ce n’est qu’au bout d’un certain temps que la juge répond à la requête de la veuve. Il y met  même beaucoup de temps. Cependant, la veuve lui assénait continuellement, la même antienne : « rends-moi justice !»  Elle ne cessait pas de lui rabâcher son histoire en lui expliquant en quoi elle était victime d’un adversaire qui, soit dit en passant trouvait son compte dans l’inaction du juge. Elle lui demandait de faire ce que Dieu demande aux hommes de faire, à savoir d’être juste. Dieu fait entendre sa voix dans les récits des prophètes aussi bien que dans l’Evangile pour réclamer la justice pour la veuve et l’orphelin. On peut donc dire, pour ce que l’on sait de Dieu, qu’il mêlerait certainement sa voix à celle de la veuve et qu’il ferait chorus avec elle. Dieu n’est pas du côté du juge, il est du côté de la femme. Il joignait certainement sa voix à la sienne. C’est ce que Jésus exprime quand il dit que Dieu se proposait de faire promptement justice. 

Dès  qu’il y a une injustice sur terre, dès qu’une détresse s’abat sur le monde, la voix des hommes en souffrance est prise en relais par celle de Dieu. Il n’est donc pas possible de comparer l’action de ce juge avec celle de Dieu. Dieu écoute, il entend, il dit ce qui est juste. Pour Dieu, faire justice, cela  consiste à prendre le parti des opprimés contre les oppresseurs et à se mettre dans le camp des victimes contre celui des bourreaux. Mais, si, comme le juge, sa fonction est de prononcer la sentence, il n’exécute pas la sentence. Il n’est pas gendarme ni bourreau. Il est celui qui dit le droit. Pour exécuter la sentence, il n’a que les mains, le cerveau et l’intelligence de tous les hommes capables de mettre en pratique ce que Dieu a décidé qu’il était juste de faire. Dieu n’est pas celui qui va contraindre le coupable à réparer le tort qu’il a fait à sa victime. Il ne faut pas confondre les genres.

Bien  sûr, même si on entre dans cette logique, on ne peut s’empêcher d’être frustré et de dire son amertume. On a surtout l’impression d’être victime d’un marché de dupe. Nous nous attendions à ce que Dieu assume tous les rôles : celui du juge et du justicier. Ce n’est pas le cas. Il dit  ce qui est juste, il dénonce ce qui est injuste. C’est par notre référence à l’Evangile que l’on sait ce que Dieu pense des situations d’injustice qui sont faites aux hommes. C’est en lisant  l’Evangile que l’on perçoit ce que Dieu a à dire. C’est ainsi que l’on perçoit  la voix de Dieu.

Ce  sont les hommes qui entendent la voix de Dieu qui sont enjoints par lui à faire justice et à exécuter la sentence. C’est en prenant acte du jugement de Dieu qu’on en sent toute la pertinence. On éprouve alors le besoin de le diffuser autour de nous, si bien et qu’on l’amplifie et que ceux qui nous entendent font de même . A force d’être amplifié par les uns et les autres il devient assourdissant au point qu’enfin quelques humains se sentent concernés et remédient à l’injustice dénoncée. C’est à force de répéter qu’il est injuste d’opprimer les faibles et de maltraiter les petits, que des hommes ont finit par  promulguer la Charte des Droits de l’Homme, sans savoir qu’ils devenaient ainsi le bras agissant de Dieu.

Comme souvent dans l’Evangile on assiste à un renversement des valeurs. Les hommes croient qu’à force de prier, ils finiront par être entendus de Dieu qui les exaucera. Plus ils sont nombreux à prier, plus ils espèrent être entendus de Dieu qui finira par intervenir en faveur de la cause pour laquelle on le prie. Plus les hommes sont nombreux à dire la même chose à Dieu, plus Dieu entend, croient-ils. En fait, c’est le contraire qui se passe. Dieu est alerté bien avant nous des injustices qui se passent dans notre monde. Dieu sait avant nous les souffrances des hommes victimes de la sécheresse, des tremblements de terre, des maladies et c’est Dieu qui à son tour inspire nos prières.

C'est Dieu qui avec nous ne cesse de crier « justice », jusqu’à ce que nous les hommes nous comprenions que c’est à nous de mettre la main à la pâte pour secourir ceux qui en ont besoin. Tout se passe comme si c’était Dieu qui nous priait pour que nous agissions alors que c’est nous qui croyions que par nos prières nous  réussirons à provoquer l’action de Dieu. 
 
Il n’empêche que Dieu dans sa grande bonté se met parfois à l’œuvre à son tour et se met à agir de telle sorte que c’est lui-même qui met en œuvre la solution opportune qui soulage celui qui est dans la souffrance. On appelle cela un miracle, Mais ce n’est pas le mode habituel de fonctionnement que Dieu a choisi. Curieusement nous croyions que c’est de cette manière que Dieu choisit d’exaucer les hommes, alors que c’est l’exception. Heureux l’homme qui a compris que Dieu faisait de lui l’instrument par lequel sa justice entre en vigueur parmi les hommes.

mardi 21 septembre 2010

Luc 17:11-19 Les dix lépreux: dimanche 10 octobre 2010




Les dix lépreux : Luc17: 11-19
11 Au cours de son voyage vers Jérusalem, Jésus passait entre la Samarie et la Galilée. 12 Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et se tenaient à distance. Ils élevèrent la voix et dirent : 13 Jésus, Maître, aie pitié de nous ! 14 En les voyant, il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent purifiés. 15 L'un d'eux, se voyant guéri, revint sur ses pas et glorifia Dieu à haute voix. 16 Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâces. C'était un Samaritain. 17Jésus prit la parole et dit : Les dix n'ont-ils pas été purifiés ? [Mais] les neuf autres, où sont-ils ? 18 Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? 19Puis il lui dit : Lève-toi, va ; ta foi t'a sauvé.

Que de malheureux sur les routes du monde ! Des lépreux, des affamés, des déplacés, des malades de toutes sortes ! Quand, il arrive qu’on réussisse à répondre à la détresse de certains et à améliorer leur sort peu enviable, c’est alors que l'on considère comme normal  que les défavorisés, redevenus comme tout le monde, remercient, ceux qui les ont secourus. Tout se passe comme si ceux qui sont du bon côté devaient  être félicités  à cause  du  privilège qui leur a permis de remédier à  une injustice. C'est ce que ne font pas les neuf lépreux et c'est ce qui nous choque.

A la lecture de ce passage, nous constatons aussi que la société crée des clivages parmi les hommes. Même les plus pauvres peuvent trouver encore plus pauvre qu’eux, cependant quand on est arrivé au niveau le plus bas, les clivages disparaissent. L’histoire nous montre que ces dix rejetés de la société cheminent ensemble, sans aucune distinction de classe ni d'origine. Pourtant dans une société de gens ordinaires, l’un d’eux aurait  sans doute été rejeté par les 9 autres, car il aurait été considéré de rang inférieur en tant que Samaritain.

 Mais au point de déchéance où ils sont, ils sont revenus à égalité. Ils sont condamnés à survivre dans un ghetto infâme, au risque d’être tués par les bien portants s’ils en sortent. 
Pourtant ils sont sortis, et audace suprême, ils interpellent Jésus. Même au plus profond de la déchéance, ils ont gardé une lueur d’espérance. C’est cela sans doute qui les retient encore parmi les humains, car l’être humain est avant tout un être de désir et quand son désir disparaît, il cesse d’être humain. C’est ce que nous allons voir. Nous allons voir aussi que désir et salut font cause commune. 
 
On ne sait comment la renommée de Jésus est parvenue jusqu’à eux.  Ils ont bravé les interdits pour le rencontrer. Les voilà donc à portée de voix du maître au risque de leur vie, c’est dire leur désir de guérison, la petite graine de l’espérance n’est pas morte en eux. Ils tentent le tout pour le tout en espérant encore que la puissance qui émane de Jésus peut les sauver. Cette espérance qui les a poussés à agir est incontrôlée et irréfléchie. C’est une pulsion de vie, apparentée à la foi qui les anime déjà. 

Pourtant, si c’est Dieu qui agit en Jésus, pourquoi ne les a-t-ils pas déjà guéris ? Et si Jésus, au nom de Dieu peut quelque chose pour eux, pourquoi ne descend-il pas dans le ghetto des lépreux pour tous les libérer ? Voilà encore une fois Dieu mis en accusation face au problème du mal auquel il n’apporte pas de réponse.

Quoi  qu’il en soit Jésus réagit comme s’ils étaient déjà guéris tous les dix, alors qu'il ne s'est encore rien produit. Il les envoie aux prêtres qui seuls sont habilités à constater leur état. Ce n'est qu'après que la guérison se produira. Alors qu’ils faisaient la démarche, ils étaient encore unis dans le même destin.

Mais  à peine la lèpre les a-t-elle quittés qu’ils se séparent. Le Samaritain guéri exprime sa reconnaissance et pas les autres. Que se passe-t-il en eux pour que la différence réapparaisse? En fait, Dieu n'est pas inactif face à une création encore inachevée. Il continue à agir  afin d’améliorer les choses. Tout se passe comme si il poursuivait son œuvre  de création  entreprise dès les origines, si bien que les dysfonctionnements de la nature restent encore apparents.

Il est clair que pour Jésus cette situation est anormale et doit être corrigée, c’est pourquoi Jésus s’adresse aux dix lépreux comme si, bien que malades, ils étaient déjà guéris, comme si la guérison était de l'ordre du normal. Là où les choses se compliquent, c’est que l’un d’entre eux revient pour rendre grâce à Jésus.  Celui qui revient est un Samaritain et il  reçoit la promesse de Jésus  selon laquelle sa « ta foi l'a sauvé »

Les autres qui ont été guéris avec lui considèrent sans doute qu'ils ils ne doivent pas remercier pour un retour à la normale dans leur état de santé?  Ils se comportent  comme si le retour à la normale n'impliquait aucun  comportement particulier de leur part, comme si c'était un du. Pourtant, ils ont  sans doute eu  un élan de reconnaissance quand ils ont quitté l'univers des lépreux mais ce n'était pas la foi.  Ils ont considérés que leur bon état de santé était de l'ordre du normal?  En ce sens ils avaient raison.

 Dans l'évolution du monde en vue d'un un mieux être pour tous, le projet de Dieu réside dans le fait qu'il confie à des hommes compétents   la charge de travailler à la guérison des défavorisés. Leur guérison est alors le produit de deux facteurs conjugués. La compétence du praticien et le désir du malade de guérir. C’est quand les deux sont conjugués qu’il y a espoir de guérison. Ici le praticien est Jésus et l’espoir de guérison des lépreux se manifeste par leur démarche vers les prêtres.

 Mais les hommes compétents n'agissent pas toujours en fonction du désir de Dieu. S'ils ont la compétence, ils n’ont pas  forcément le désir de  secourir.
Si donc les choses ne marchent pas c’est que les hommes compétents n’éprouvent pas toujours le désir de secourir les solliciteurs. L’absence de volonté  de leur part,  les rend incompétents. Or Dieu s’appuie sur la compétence des hommes pour répondre à la demande de ceux qui sont dans le besoin. Le manque de bonne volonté des gens compétents le rend impuissant. 

Dans  l’histoire des lépreux, les 9 qui sont soulagés, considèrent qu'ils sont revenus dans l'ordre normal des choses et n’ont pas le désir d’aller plus loin. Comment l’auraient-ils,  après tout ce qu’ils avaient subi. Ils sont soulagés! Qu’espérer de plus ? Leur histoire s’arrête là.

 Pourtant un des dix reste insatisfait. Étant entré en lui-même, il discerne le doigt de Dieu dans l’événement qui l’a ramené à la santé. Il n’est pas évident de voir le doigt de Dieu ! Dieu se rend visible à ceux qui savent descendre en eux-mêmes et qui écoutent sa voix. Elle leur révèle que leur situation privilégiée ne prend de sens que s’ils entrent dans le projet de Dieu  pour participer à l’évolution du monde.

Le Samaritain a compris que Dieu avait placé Jésus sur son chemin, non seulement pour son salut personnel, mais pour celui de bien d’autres et c'est en exprimant sa reconnaissance qu'il se met au  son service  de Dieu et des autre. 

Dieu  pour se manifester a besoin que les hommes le reconnaissent. C’est ainsi qu’il agit sur le monde et prévoit son évolution harmonieuse. Il projette des solutions pour remédier aux soubresauts de la nature en mouvement, il trouve des moyens pour s’opposer aux hommes en colères qui oppriment leurs frères et leur font la guerre. Ces projets ne se réalisent que lorsque les hommes compétents reconnaissent que c’est Dieu qui leur désigne les causes auxquelles ils doivent s’atteler et mettre leurs compétences à leur service. C’est alors que le désir s’installe en eux et qu’ils deviennent utiles dans le plan de Dieu.

Ainsi, nous voyons bien que le salut est à deux vitesses. Il est d’abord dans le projet de Dieu que tous les hommes vivent sur cette terre dans des conditions acceptables. Certains y arrivent et c’est la première manifestation du salut. La deuxième étape se réalisent par le moyen de ceux qui ont reconnu Dieu en action dans leur vie et qui se mettent à son service pour que beaucoup d’autres voient leur situation de vie s’améliorer. Ceux-là accèdent au deuxième niveau du salut qui consiste à devenir partenaire de Dieu dans la gestion du monde.
I.

lundi 13 septembre 2010

Luc 17: 5-10 : Donne-nous plus de foi dimanche 2 octobre 2016



La foi

5 Les apôtres dirent au Seigneur : Donne-nous plus de foi. 6 Le Seigneur répondit : Si vous aviez de la foi comme une graine de moutarde, vous diriez à ce mûrier : « Déracine-toi et plante-toi dans la mer », et il vous obéirait.

7 Qui de vous, s'il a un esclave qui laboure ou fait paître les troupeaux, lui dira, quand il rentre des champs : « Viens tout de suite te mettre à table ! » 8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : « Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, jusqu'à ce que j'aie mangé et bu ; après cela, toi aussi, tu pourras manger et boire. » 9 Saura-t-il gré à cet esclave d'avoir fait ce qui lui était ordonné ? 10 De même, vous aussi, quand vous aurez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : « Nous sommes des esclaves inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. »

Il nous a été dit que Dieu écrivit un jour avec son doigt, des préceptes à l’usage du genre humain sur des tables de pierre. Mais les hommes ne s’en montrèrent pas dignes selon Moïse qui se considérait comme arbitre entre Dieu et les hommes. Il les jugea incapables de suivre les préceptes divins et brisa les tables que Dieu avait écrites de sa main. Que pensez-vous qu’il arriva ? Quelles furent les conséquences de ce crime de lèse-majesté divine ?

Au lieu de punir le geste inqualifiable de celui qui venait de détruire son œuvre  Dieu, enjoignit Moïse de faire de sa propre main une réplique de ce que Dieu avait produit. L’Écriture a tellement légitimé le geste destructeur de Moïse qu’on a du mal à voir ce qu’il pouvait y avoir de choquant dans son attitude. Le crime du peuple qui avait fait une image de Dieu en forme de veau était-il plus irresponsable que celle de Moïse qui avait détruit le seul écrit existant de Dieu?

La deuxième édition du texte des lois, faite de la main d’un homme fut déclarée sacrée, elle fut enfermée dans un coffre non moins sacré, lui aussi fait de main d’homme, et le tout fut enfermé dans le lieu très saint du sanctuaire, lui aussi sacré et fait de main d’homme. Quant à la pierre sur laquelle Dieu écrivit, il n’en reste aucune trace. Tout ce qui est désormais sacré est œuvre d’homme. Si la montagne sur laquelle cette histoire est censée avoir eu lieu a été déclarée sacrée à son tour, nul ne sait cependant où elle est vraiment, si bien que Dieu, enfermé dans sa divinité reste depuis toujours inatteignable.

Rien de ce qui est déclaré sacré ne le touche. C’était sans doute une des raisons pour laquelle La Bible a conservé ce récit au sujet du veau d’or et de la destruction des tables de la Loi pour attester de vanités humaines de s'approprier le sacré. Ces quelques constatations préliminaires semblent n’avoir rien à voir avec la prière des disciples : « Donne-nous plus de foi ! »  ! Nous allons voir cependant qu’il y a sans doute un lien entre les deux. car les hommes sont toujours à l'affût des preuves de l'existence de Dieu et de sa présence dans le monde des humains. Les lieux sacrés, comme nous l'avons vu sont le fruit de leur imaginaire pour stimuler leur foi.

Après les lieux sacrés qui selon certains croyants pourraient marquer la trace de Dieu dans l'histoire, il y a ensuite les miracles qui seraient les signes de sa présence parmi eux et attestent de la faveur divine de ceux qui en bénéficient.


Mais  quelle signification faut-il donner aux miracles ? A y regarder de plus près on constate que Dieu, qui en est l’auteur se met lui-même en porte à faux quand il en fait, par rapport au rôle qu’il est sensé jouer au milieu des hommes. En faisant des miracles, il se conteste lui-même. En effet, si Dieu est juste, ce que nous croyons, les miracles, eux sont injustes. Ils mettent à part leurs bénéficiaires et les séparent de ceux qui n'en profitent pas. Si un malade est guéri au détriment de ceux qui ne le sont pas, Dieu commet une injustice. Pour être juste, tous ceux qui sont atteints du même mal devraient être guéris. Si c’était le cas, si tous étaient guéris, ce mal n’existerait pas, le problème du miracle et de la guérison n’existerait pas non plus, et on n’y chercherait pas la présence de Dieu.

Jésus était très conscient de ce fait, c’est pourquoi quand il opérait lui-même des miracles, il recommandait le silence. En les faisant, il cherchait à rendre compte de la réalité d’une puissance qui nous dépasse, il voulait montrer la victoire à venir de Dieu sur le mal. En même temps il ne voulait pas que Dieu puisse être perçu comme injuste en privilégiant certains et non les autres. Il ne voulait pas que l’on puisse penser que Dieu créait des catégories de gens méritants au détriment des autres. En opérant des miracles trop visibles il aurait laissé entendre que certains pouvaient avoir plus de foi que d’autres, si bien que la demande des apôtres aurait été légitimée : « Seigneur donne-nous plus de foi ». Nous sommes arrivés à la pointe du texte.

Quand on prête attention un instant à l’histoire des croyants, on réalise que c’est le contraire qui se passe. Ceux dont la foi a été donnée en exemple, sans doute à tort, n’ont pas bénéficié de miracles et sont morts martyrs. Ceux qui ont été au bénéfice d’un miracle, n’en ont pas profité sans déclencher des jalousies ( Ex de l’aveugle en Jean 9: 1-41). Il nous faut sans doute réviser notre théologie du miracle. Il nous faut aussi mettre en cause les actions des hommes qui viseraient à prouver la supériorité de la foi de certains sur celle des autres. Il nous faut donc veiller à ne pas confondre foi et religiosité.

Si donc Dieu se cache et si les miracles ne sont pas les bons repères pour marquer sa présence parmi les hommes, quels seraient alors les critères sur lesquels nous pourrions nous appuyer pour parler de foi ? Il n’y en a sans doute pas. Pour enfoncer le clou, Jésus va nous faire une démonstration par l’absurde sur l’impossibilité de quantifier la foi des croyants. Il émet l’hypothèse selon laquelle la foi pourrait-être mesurable. Pour cela il suggère de prendre la plus petite unité de mesure qui soit à sa disposition : le grain de moutarde. A partir de là il déduit que si la foi était quantifiable, le plus humble des croyants pourrait faire des miracles extraordinaires avec le peu de foi dont il dispose. En conséquence, ceux de ses interlocuteurs qui pensent avoir une foi supérieure à celle des autres devraient être inscrits au livre des records en matière de miracle. Jésus ne cherche pourtant pas à nous dire que si nous n’ arrivons pas à faire des miracles, c’est que nous n’avons pas la foi, mais il veut montrer qu’il est impossible de la mesurer.

Il n’est donc pas question d’augmenter les doses de foi des fidèles pour avoir une église triomphante et efficace. Il faut s’y prendre autrement. Nous avons compris que la foi ne se démontrait pas, or nous sommes ainsi faits que nous ne croyons qu’à ce qui se démontre, nous ne croyons qu’à la visibilité des faits. Nous voulons voir, nous voulons toucher, faute de preuves nous demeurons incrédules.
Or la foi chrétienne repose sur l’affirmation selon laquelle, l’infini de Dieu peut investir le monde fini des hommes. Nous croyons que la vie peut prendre le pas sur la mort. Nous affirmons que la résurrection est au cœur de notre foi. Cela ne se démontre pas, mais cela se ressent et se vit. Il y a donc des certitudes qui s’établissent en nous sans preuves apparentes. 

 Il semblerait que la foi soit provoquée par une rencontre intérieure. Il nous arrive de d’éprouver des intuitions qui ne viennent pas de nous mais qui nous séduisent. Elles nous viennent d’ailleurs. Nous découvrons qu’il y a un ailleurs au-delà de nous-mêmes qui ne nous appartient pas, mais qui provoque en nous des impressions et des désirs de dépassement que nous adoptons comme nôtres.

Il nous faut aller encore plus loin. Nous découvrons que ces vérités intérieures que nous qualifions de foi ont été ressenties par d’autres avant nous avec autant d’intensité et parfois plus. Elles nous motivent d’autant plus qu’ils ont laissé les traces de ces expériences et qu’ils en ont témoigné par écrit. Ces traces nous les retrouvons dans ce qu’il est convenu d’appeler les Ecritures. Autrement dit la Bible.

Jésus a vécu cela avec une telle intensité que la mort n’a pas eut de prise sur lui. Nous découvrons avec lui que si Dieu demeure caché dans tout ce qui est sensible, il se livre à nous dans ce que nous ressentons à l’intérieur de nous-mêmes, qui ne nous appartient pas et qui vient d’ailleurs. Il nous entraîne ainsi dans les mystères de l’infini où nous nous trouvons bien. La vie s’impose alors à nous comme un mystère que nous accueillons dans un joyeux dépassement.
Que faut-il dire de plus, si non qu’il est vain de demander à Dieu de nous augmenter la foi, puisque nous avons la plénitude de Dieu en nous. Ce contact avec Dieu, appuyé sur l’expérience de Jésus devient pour nous le seul critère dont nous avons besoin pour vivre avec exaltation tous les dépassements nécessaires à notre épanouissement
1. psaume 139

mercredi 1 septembre 2010

Luc 16:19-31 Le riche et Lazare dimanche 25 septembre 2016



Il y avait un homme riche qui s'habillait de pourpre et de linge fin et qui faisait chaque jour de brillants festins. 20 Un pauvre du nom de Lazare gisait couvert d'ulcères au porche de sa demeure. 21 Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères.

22« Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges au côté d'Abraham ; le riche mourut aussi et fut enterré. 23 Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses côtés. 24 Alors il s'écria : “Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre le supplice dans ces flammes.” 

 25 Abraham lui dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur ; et maintenant il trouve ici la consolation, et toi la souffrance. 26 De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous.” 27« Le riche dit : “Je te prie alors, père, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père, 28 car j'ai cinq frères. Qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture.”
29 Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent.” 30 L'autre reprit : “Non, Abraham, mon père, mais si quelqu'un vient à eux de chez les morts, ils se convertiront.” 31 Abraham lui dit : “S'ils n'écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu'un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus.” »

Voilà une parabole qui va dans le sens des idées reçues. Et c’est pour cela qu’elle nous gène car nous avons du mal à y discerner le plan de Dieu. Dieu lui-même est absent dans ces lignes. Nous y rencontrons un riche qui mène joyeuse vie en profitant d’une manière totalement irresponsable de sa grande richesse. Nous n’aurons aucune peine à le fustiger, mais nous ne le ferons pas.

Au centre de ce récit, nous rencontrons le personnage du pauvre Lazare. Le contexte nous le rend sympathique, d’autant plus qu’il porte le nom d’un ami intime de Jésus. Nous faisons vite l’amalgame et nous lui attribuons les faveurs du Seigneur. La scène qui le montre couché à la porte d’une riche demeure, affamé au milieu des chiens rend le riche à nos yeux, coupable d’ indifférence, mais nous ne nous appesantirons pas dans cette voie là non plus .

Évidement, les lieux où se déroulent la suite de l’histoire ne nous laissent pas indifférents et provoquent notre réaction étonnée. L’enfer ici décrit correspond à l’image que l’on s’en fait généralement dans les récits populaires. Il est décrit comme un lieu de tourment dans une chaleur insupportable. On croyait que Jésus avait dépassé cette conception. Apparemment il n’en est rien. Quant au paradis, il est tout à fait conforme à ce que ce même discours populaire laisse entendre, mais on aurait quand même pensé que le Royaume des cieux, annoncé par Jésus correspondrait à une autre réalité et serait différent de ce lieu où il ne se passe rien. La description de Lazare lové dans le sein d’Abraham semble devoir le condamner à l’inaction perpétuelle. C’est là une situation un tant soit peu limitée pour y passer l’éternité.

Il serait facile maintenant de s’en prendre au riche de ce récit et d’étendre notre critique à tous les riches de la terre. Nous avons dit que nous ne le ferons pas car ce serait se laisser aller à la facilité. En effet, bien que le récit soit assez bref, on découvre que malgré son égoïsme et sa vie de plaisir insouciant, cet homme a un bon fond. Il n’est pas dépourvu de sentiments. Arrivé au plus bas de sa déchéance et dans une souffrance extrême, il s’intéresse au sort de ses proches à qui il voudrait bien éviter de faire les mêmes erreurs que lui. Il n’est donc pas dépourvu de valeur morale, mais jusqu’ici, il n’a pas eu l’occasion de l’exercer, semble-t-il.

Le pauvre Lazare, quant à lui ne suscite pas le courant de sympathie que j’évoquais plus haut. Il est apathique à la porte du riche, incapable de repousser les chiens et de revendiquer très fort son droit à ne pas mourir de faim. Il est d’une passivité déprimante. C’est dans cette même situation d’apathie résignée qu’on le retrouve dans le paradis où il se prélasse dans le sein d’Abraham. Il n’exprime aucun sentiment pour ce riche en souffrance qui crie vers lui. C’est Abraham qui intervient alors que lui ne bouge même pas le doigt qu’on lui demande de tremper dans l’eau fraîche. Le riche tend à nous devenir plus sympathique alors que notre tendresse pour Lazare s’effrite.

Nous pourrions nous en tenir là en maudissant la fatalité et en constatant que les choses sont mal faites. Nous avons vu comment en quelques simples images, Jésus réussit à retourner la situation. Le riche devient plus sympathique et le pauvre cesse de l’être. Mais ça ne change rien cependant. Tout semble être dit, car la mort rend les choses irréversibles. Il n’aurait pas fallu grand chose cependant pour faire évoluer la situation en faveur du riche, mais c’est trop tard. Pas de grâce possible ! Un avenir figé par la loi immuable de la compensation des mérites.

Ce phénomène semble être le tronc commun de la plupart des religions, qui veut que les riches perdent tous leurs avantages dans l’autre monde alors que les pauvres y bénéficieraient du salut éternel. Même la justice humaine n’y trouve pas son compte. Si elle est encline à accorder les circonstances atténuantes pour le riche, elle reste réservée quant aux vertus personnelles du pauvre Lazare qui semble n’en avoir aucune. Seul Dieu pourrait changer les choses ! Mais Dieu est absent !

Il n’y a pas trace de Dieu dans ce récit, ni en enfer, ce qui est normal, ni au paradis ce qui est surprenant, ni même dans la vie ordinaire des deux hommes. Dieu est totalement absent de ce récit. Aucun des acteurs ne tient son rôle. Dans les autres paraboles, c’est le Père, ou le roi ou le maître qui font référence à Dieu. Ici, c’est le vide absolu ! C’est le monde désespérant de l’athéisme. C’est parce que Dieu est apparemment absent de ce récit que l’enfer y paraît si cruel et le paradis si fade. Mais nous ne pouvons nous en tenir là. Il est impensable que Dieu n’ait pas sa place dans ce texte. Il doit certainement se cacher quelque part, mais où ?

Telle pourrait bien être la question que Jésus aurait pu poser à ses auditeurs comme il il avait l'habitude de le faire dans ses propos de table. Peut-être l’a-t-il fait d’ailleurs, puisqu’il avait coutume de raconter ses paraboles au cours des repas que lui offraient les riches. Le fait qu’il soit invité par des riches apporte d’ailleurs un certain éclairage à ce texte.

Voilà donc maintenant une devinette à laquelle nous devons essayer de donner une réponse, sans quoi cette histoire serait désespérante. Cette histoire se déroule dans un monde où Dieu est absent, absent de la maison du riche où l’insouciance l’a rendu inutile, tant il est vrai que quand tout va bien, on ne se soucie pas de Dieu. Dieu est également absent des soucis du pauvre qui dans sa détresse n’éprouve même plus la force de crier l’injustice de sa situation devant Dieu puisque les hommes ne la voient pas.

Nous sommes ici dans un monde désespérément divisé où chacun ignore l’autre. Le pauvre est en dehors du jardin du riche et ne fait pas partie de son univers. Le pauvre est trop cassé par la maladie et la pauvreté pour espérer un secours quelconque. On se console mal de cette situation désespérante en imaginant que la mort inverse les rôles et qu’un fossé infranchissable sépare désormais les bons des mauvais.

Cependant, nous avons vu que, dans le camp des vivants il y avait aussi des murs invisibles, mais infranchissables, formés par l’indifférence des uns par rapport aux autres si bien que les uns ne voient pas ceux qui sont à leur porte et que ceux-ci désespèrent d’être secourus. Nous sommes arrivés au point fort de ce texte, car c’est là que nous allons découvrir le lieu où Dieu se cache et recevoir enfin la note d’espérance nécessaire.


Alors qu’il est dans la tourmente de l’enfer, le riche lève la tête et voit Lazare. C’est la première fois que Lazare prend consistance et devient une réalité. L’espérance naît alors pour le riche, il croit qu’il va être sauvé. Il croit que maintenant qu’il a vu Lazare tout va changer. Déception ! Tout semble impossible.

Non ! Car ce n’est qu’une histoire d'où Dieu est absent. Le fait important c’est que le verbe « voir » ait fait son apparition dans ce texte . Tout peut alors devenir différent, car Dieu devient visible. Dieu se fait présent quand les hommes acceptent de se voir entre eux et de prendre en compte leur vis à vis. Contrairement à l’histoire la perception de Dieu propose une espérance et rend l’avenir possible. Jésus n’a pas hésité à rendre son récit désespérant pour que chacun prenne en compte la réalité des gens qui l’entourent. Jésus laisse alors entendre que c’est dans le regard de l’autre que l’on découvre celui de Dieu. Tant que cela ne se produira pas, Dieu restera invisible.

Jésus essaye de nous faire comprendre que, l’autre, le prochain quel qu’il soit, c’est celui qui a besoin qu’on le voit pour qu’il puisse vivre. A ce moment là tout devient possible. Celui qui voit ne peut continuer à vivre sans avoir mis en œuvre tout ce qui est nécessaire pour que la situation de mort devienne une situation de vie.

Il est bien évident que dans sa vie inutile, le riche ne cherchait pas Dieu et ne le priait pas. S’il l’avait fait, il aurait vu le pauvre à sa porte et il serait intervenu de manière appropriée. Si aujourd’hui, nous avons l’impression de vivre dans un monde sans Dieu, c’est que les hommes ne savent pas voir, car ils ne prient pas Dieu pour qu’il les aide à voir. Ils construisent des murs de séparation entre eux et ces murs leur cache le visage de Dieu. C’est le regard que nous portons sur les autres qui nous révèle la présence de Dieu, car c’est quand l’homme découvre le visage de son frère que la réalité de Dieu lui est révélée. Le jour où nous saurons regarder, le monde changera et la présence de Dieu deviendra évidente pour tous.